La motion présentée vendredi par la défense dans le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa dans le cadre de l’affaire Boskalis a été rejetée par la magistrate Wendy Rangan à la mi-journée. Leurs avocats Mes Roshi Badhain et Saïd Toorbuth ont logé une motion pour que soit « disclose » la lettre que l’avocat de Boskalis, Me Ivan Collendavelloo (SC), au DPP pour lui demander l’immunité du représentant de la société néerlandaise Jan Cornelius Haak. Après ce ruling, Me Toorbuth a invité Me Rashid Ahmine, Leading Counsel de la poursuite, à se retirer du procès pour des raisons d’éthique.
La motion présentée en Cour suprême par Me Roshi Badhain a été rejetée hier après-midi. Dans cette motion, son client Prakash Maunthrooa réclamait la suspension du procès en attendant que la Cour suprême se prononce sur les procédures à suivre. Me Badhain a relevé ce qu’il considère être des irrégularités dans la façon dont l’enquête a été menée.
En ce qui concerne la demande de Me Toorbuth à son confrère de la poursuite, il soutient qu’étant donné que Me Ahmine a pris une part active à l’enquête de la police mauricienne à Genève, il serait unethical de sa part de mener le tandem qu’il compose avec Me Jean Marie Ah Sen. L’avocat de l’accusé N°1 a été rejoint dans sa démarche par Me Badhain, qui a donné lecture d’une réponse du Premier ministre à une question parlementaire le 25 juin 2012. Navin Ramgoolam avait en effet déclaré que « le commissaire de police m’a informé qu’en ce moment même, l’inspecteur Raghunandhun du Central CID et Me Rashid Ahmine du bureau du DPP se trouvent à Genève pour interroger les officiels de Boskalis ». C’est ainsi, ajoute Me Badhain, que Me Ahmine a pris part à l’interrogatoire de Jan Cornelius Haak, témoin N°3 dans le présent procès, et celui d’Antonius Theodorus Johannes Wilhemus De Goede, témoin N° 4. « Il se peut que Me Ahmine soit appelé comme témoin de la défense comme celui de la poursuite », dit l’avocat, reprenant ce que Me Toorbuth a indiqué quelques minutes plus tôt.
Pour Me Ahmine, il a été délégué par le DPP pour se rendre à Genève et c’est lui-même qui lui a demandé à diriger la poursuite dans cette affaire. Il dit connaître parfaitement ce que stipule le code d’éthique et fait ressortir qu’il ne l’a pas transgressé en aucun cas. Il s’agit, pour lui, d’un bon prétexte de la défense pour l’évincer, mais, assure-t-il, il compte bien rester sur le siège de la poursuite.