La motion de remise en liberté conditionnelle logée par le conseil légal de Nitin Chinien, arrêté et détenu depuis plus d’une semaine par la police, a été débattue hier devant la Bail & Remand Court, présidée par le magistrat Nishal Jugnauth. Celui-ci a annoncé qu’il rendra sa décision lundi.
L’unique témoin de cette audience a été le sergent Ramlagun qui s’est joint à l’équipe des enquêteurs du CCID hier. Lors de son passage dans le box des témoins, il était quelque peu hésitant lors de son interrogatoire.
Répondant aux questions de Me Stephen, le sergent de police a d’emblée parlé des trois raisons pour s’opposer à la motion : 1) le suspect pourrait commettre un autre délit pendant qu’il est en liberté conditionnelle ; 2) il faut assurer le maintien de l’ordre public et 3) le suspect pourrait être en contact avec d’autres témoins.
Évoquant les données de l’enquête, le sergent du CCID a indiqué que vers la fin du mois de juillet, un officier du ministère des Arts et de la Culture a rapporté à la police que des informations confidentielles de la MASA touchant des artistes membres de cette organisation qui regroupe les artistes locaux ont été rendues publiques. L’officier a impliqué Nitin Chinien comme étant celui qui a rendu publics ces détails qu’il a puisés des dossiers de la MASA. Par la suite, Nitin Chinien a été interpellé par la police et interrogé. Mais la police ne devait donner aucune suite à cette affaire.
Par ailleurs, un autre officier responsable du ministère a le 13 novembre, dans une deuxième déposition, laissé entendre que Nitin Chinien a produit un clip vidéo, qu’il a fait diffuser sur YouTube, et dans lequel il formule certaines remarques à l’endroit du Premier ministre et du directeur de la MBC. Le lendemain, il a été arrêté.
Quelques jours après, un autre fonctionnaire des Arts et de la Culture a fait savoir à la police qu’un autre clip émanant du suspect est en circulation. Dans celui-là, il fait certaines menaces à l’égard du PM.
En effet, dans ce clip, le suspect aurait déclaré, entre autres : « Ekout mwa bien, Navin Ramgoolam. Mo pe titway twa zordi. Tre prosenman to traze to itinerer pou pas dan tinel, to trwa loto ki roul ar toi ek to bann bodigard, mo pou abiye an blan, mo pou aret zot traze. Pou ena plis ki enn milie dimoun. »
Après la déposition du sergent Ramlagun, il y a eu des échanges de plaidoiries entre les avocats des deux parties, desquels nous relevons le fait que lors de son intervention, Me Stephen n’a pas manqué de souligner que le suspect a menacé le PM de manière directe.
Soulignons que Nitin Chinien a été rappelé à l’ordre par le magistrat alors qu’il souriait pendant que le représentant de la police déposait. Le magistrat lui a même fait savoir qu’il se trouvait dans une cour de justice et qu’en cas de récidive, il pourrait se voir infliger sept jours de prison.
Le suspect a, à la fin de l’audience, fait une déclaration du box des accusés. Il s’est engagé à respecter toutes les conditions qu’imposerait la cour pour sa remise en liberté. « Mo pa enn dimoun violan moi », devait ajouter Nitin Chinien. Et son avocat, Me Mooneapillay de faire remarquer que son client a un « clean record ».