La décision du magistrat Nishal Jugnauth de garder Nitin Chinien en détention jusqu’au 23 décembre pourrait être contestée en cour par le comité de soutien à l’artiste, qui réfléchit à la procédure appropriée pour cela. Par ailleurs, le comité s’interroge également sur le silence des partis politiques traditionnels, alors que d’autres ont dénoncé ouvertement la situation.
Le comité de soutien à Nitin Chinien et Jameel Peerally se dit renforcé après les prises de position de personnalités telles que Dev Ramano, Jack Bizlall, Bernard Li, Selven Govinden et Georges Ah-Yan, des mouvements comme Lalit, Rezistans ek Alternativ, et de nombreux citoyens sur les réseaux sociaux. C’est ce qu’écrit Alain Bertrand, le porte-parole, dans un communiqué émis à la mi-journée. Ce dernier se demande toutefois pourquoi les partis traditionnels, particulièrement ceux de l’opposition, ne se prononcent pas sur ce cas.
Toujours est-il que le soutien obtenu jusqu’ici pousse le comité à préparer une réplique légale, concernant la décision de la Bail and Remand Court de garder Nitin Chinien en détention jusqu’au 23 décembre. « Nous réfléchissons à la procédure la plus appropriée car nous ne voulons pas entrer dans des procédures qui comporteraient des contraintes ».
Par ailleurs, dès vendredi, le comité de soutien commence une campagne internationale en alertant des organisations de droits humains comme Amnesty International. Une correspondance officielle au Human Rights Committee des Nations Unies n’est pas à exclure non plus, indique Alain Bertrand.
À Maurice, la mobilisation se poursuivra par un candle light chaque soir à Baie-du-Tombeau. « Nous faisons face à une répression policière qui interdit toute manifestation. Mais nous comptons tout de même être plus présents sur le terrain ; il y aura des actions prévues avec la participation des artistes ».
Une charge provisoire de Breach of ICT Act pèse sur Nitin Chinien et Jameel Peerally. Il leur est reproché d’avoir fait des commentaires inappropriés dans des vidéos postés sur You Tube, dont des « menaces » envers le Premier ministre.