Accusé d’avoir assassiné Denis Fine le 3 janvier 2010 à Pamplemousses, Patrick Steeve Prinslet Serret (Polocco) a obtenu un « ruling » favorable de la Senior Magistrate Maryse Panglose-Cala le 30 décembre 2011. Le ministère public a hier contesté cette décision en Cour suprême. Le chef juge Bernard Sik Yuen a demandé si la cour de district de Pamplemousses a la juridiction d’accorder la liberté conditionnelle dans le cas présent. L’audition reprendra le lundi 16.
Patrick Steeve Prinslet Serret (alias Polocco) est accusé d’avoir abattu Denis Fine, un Mauricien établi en France, dans la nuit du 3 janvier 2010 d’une balle en pleine tête alors qu’il était sous la véranda de sa maison à Résidence Maison-Blanche à Pamplemousses. Westley Badoodeenkhan, Gino Robertson et Sada Curpen sont quant à eux accusés de conspiracy to murder.
Polocco obtient la liberté conditionnelle, le vendredi 30 décembre, dans un « ruling » de la Senior Magistrate Maryse Panglose-Cala siégeant au tribunal de Pamplemousses. La poursuite a toutefois contesté cette décision en invoquant l’article 4 (4) (a) de la Bail Act, qui stipule que le ruling devra être débattu devant la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays.
C’est Me Neelkanth Dulloo qui représentait hier les intérêts de Polocco devant le chef juge Bernard Sik Yuen. Le Chief Justice s’est interrogé sur la juridiction de la cour de district de Pamplemousses pour écouter la demande de caution alors que le demandeur a été déféré aux Assises. La défense a déclaré que c’était au directeur des poursuites publiques (DPP) de soulever ce point. Me Neelkanth Dulloo a dû demander un renvoi au lundi 16 pour pouvoir réfuter l’affidavit du DPP et répondre aux questions de la cour.
Pendant plus de dix mois d’auditions dans cette affaire, la Senior Magistrate Maryse Panglose-Cala a écouté une quarantaine de témoins, dont Marie Christina Catherine Castor qui est considérée comme le « key witness » dans cette affaire. L’ex-compagne de Polocco a affirmé avoir vu le fusil que le meurtrier présumé aurait utilisé pour tirer sur Denis Fine. À l’enquête préliminaire, elle a déclaré que Polocco l’avait enlevée et qu’elle avait été contrainte de rester dans une chambre à Cité Briquetterie pour protéger son frère.
La principale témoin à charge a soutenu que le soir du 3 janvier 2010 Polocco était sorti en la laissant avec sa soeur. Il serait rentré dans les petites heures du matin « impe abriti ». « Li ti pe fime enn derier lot », a-t-elle déclaré. Christina Castor a aussi avancé que Polocco avait reçu un appel téléphonique de Sada Curpen. « Lavwa-la ti pe dir, mwa sa frer, Sada sa… Lerla Polocco ti demann li ki Sada… Lavwa-la reponn Sada Curpen sa », a-t-elle affirmé.
Selon le rapport de l’inspecteur Ranjit Jokhoo de la Major Crimes Investigation Team, Christina Castor aurait aperçu son ex-compagnon Polocco tirer sur un chien avec un fusil à lunette. Le témoin Christina Castor a affirmé que le suspect N°1 a aussi volé deux seaux de peinture, une cuisinière à gaz et un nettoyeur haute-pression. Mes Rama Valayden, Rouben Mooroongapillay et Neelkanth Dulloo assurent la défense du meurtrier présumé.