Le procès intenté à Me Dick Ng Sui Wa, poursuivi par l’ICAC pour avoir accepté des billets à tarif réduit pour des voyages privés alors qu’il était président du Trust Fund for Specialised Medical Care, a repris devant la Cour intermédiaire hier. Le contre-interrogatoire de l’enquêtrice de l’ICAC, Mme Sobhurdun, s’est poursuivi. Me Antoine Domingue SC, l’avocat de Me Dick Ng Sui Wa, devait interroger le témoin à maintes reprises sur la façon dont l’ICAC a procédé pour mener l’enquête et les raisons pour lesquelles les dépositions de certaines personnes n’avaient pas été enregistrées.
Après son arrestation, l’accusé avait remis des lettres à l’ICAC pour démontrer le but de ses visites en Inde, Durban et à Paris pour rencontrer des médecins spécialistes en tant que Chairman du Trust Fund. Me Domingue a dû confronter le témoin au fait que certains des médecins mentionnés dans les lettres n’avaient pas été interviewés par l’ICAC. L’enquêteur devait alors répondre qu’i avait rencontré le Dr Calambos en 2015 et n’avait pas jugé important de prendre des dépositions avec le reste des médecins. L’avocat de la défense a alors soutenu que, lors de l’entretien avec le Dr Calambos, la lettre de Me Dick Ng Suia Wa ne lui a pas été présentée. Par ailleurs, Me Domingue a fait ressortir que durant l’enquête, l’ICAC avait produit uniquement certaines « notes of meetings » du Board qui étaient d’ailleurs incomplètes. « Have you directed your attention to each minutes of the board to find out if any discounted ticket had come to the board ? », a-t-il demandé à l’enquêteur de l’ICAC. Mme Sobhurdun a affirmé qu’il y a déjà un accord pour que les civils servants bénéficient d’un rabais sur leurs billets d’avion. « Ce sont uniquement les billets pour les voyages officiels qui passent devant le board », a-t-elle répondu. Le procès a été ajourné au 19 novembre.
Pour rappel, Me Dick Ng Sui Wa fait face à un procès intenté par le Directeur des poursuites publiques Satyajit Boollel, après l’enquête de la commission anticorruption. Il est accusé de “public official using his office for gratification” en violation avec les articles 7 (1) et 83 de la Prevention of Corruption Act (POCA). Me Dick Ng Sui Wa a plaidé non coupable des trois chefs d’accusations retenus contre lui. L’ICAC reproche à l’accusé d’avoir accepté, entre novembre 2002 et mai 2003, un rabais sur trois billets d’avion d’Air Mauritius pour des voyages privés, et ce, alors que ces réductions étaient réservées aux voyages officiels.