Le contre-interrogatoire de Swarn Kamal Moorli n’a pu se poursuivre comme prévu dans le procès qu’intente le DPP à l’ancien magistrat Joy Ramphul et Soodesh Mohabeer. Le contre-interrogatoire se poursuivra le 11 novembre.
Joy Ramphul, ancien magistrat de la cour de district de Pamplemousses, est accusé de « faudulent alteration of public document », d’« agression » et de « harcèlement sexuel », respectivement sous les articles 107, 230 (1) et 254 (1) du Code criminel. Soodesh Mohabeer est quant à lui accusé d’« attempt at hindering public officer » en vertu des articles 2 et 45 de l’Interpretation and General Clauses Act et l’article 3 (1) (a) et (2) de la Public Officer’s Protection Act. Ils ont plaidé non-coupable aux charges reprochées.
Le procès que leur intente le directeur des poursuites publiques (DPP) est entendu devant les magistrates Véronique Kwok Yin Siong Yen (présidente de la division criminelle de la Cour intermédiaire), Wendy Ramgan et Asha Ramano-Egan. Me Ivan Collendavelloo (SC) a continué hier son contre-interrogatoire marathon de la victime présumée et témoin principal de l’affaire. Selon l’avocat, la plaignante a effacé plusieurs messages de certains témoins sur son portable ce jour-là. Swarn Moorli a déclaré qu’elle ne se souvenait pas de l’avoir fait car l’affaire remonte à plus de trois ans maintenant.
Me Ivan Collendavelloo a expliqué qu’un officier de police avait examiné le téléphone de la plaignante à la suite de sa plainte. Cet élément de la section IT de la police a dit qu’il y avait trouvé des textos provenant d’un seul numéro sur la mémoire de l’appareil. Mais Swarn Moorli a répondu qu’elle ne savait pas.
Me Collendavelloo : Ek si ena enn seri sms lor fis telekom…  Sa ve dir ou finn efase ?
Swarn Moorli : Li posib monn efass enn ou de.
Me Collendavelloo :  Pa enn de.. Tou seki Peladhoa ek Gunshiam inn avoy ou.
Swarn Moorli : Mo pa rappel.
Une phrase que le témoin répétera d’ailleurs à plusieurs reprises. Me Collendavelloo, étant souffrant, il a demandé de renvoyer la suite de son contre-interrogatoire. Requête que la presiding magistrate a accepté, en fixant la prochaine session au 11 novembre.
La victime présumée, Swarn Kamal Moorli, était accusée devant le tribunal de Pamplemousses, où siégeait Joy Ramphul, de « détournement de fonds ». Selon les allégations de la plaignante, datées du 29 mars 2008, le magistrat lui aurait ensuite fait des avances, lui faisant comprendre qu’il avait le pouvoir de donner la suite qu’il souhaitait à son affaire judiciaire. Selon Swarn Moorli, Joy Ramphul lui aurait dit : « Se sa plim la ki pou desid lavenir. Swa to al fer enn semenn Beau-Bassin, to al fer kamarad laba, swa to sorti san nanie. » Ce que, selon sa déposition, l’ancien magistrat lui aurait lancé lorsqu’elle se trouvait dans sa voiture, sur le parking du Trianon shopping park. Il lui aurait également pris la main avant de l’embrasser.
Joy Ramphul est représenté par un panel d’avocats, notamment sir Hamid Moollan (QC) et Me Ivan Collendavello (SC). Soodesh Mohabeer est défendu par Me Ritesh Sumputh. Mes Rashid Ahmine (Senior assistant DPP) et Madeven Armoogum (state counsel) représentent le ministère public.