Les diplômes délivrés par la branche mauricienne de la Eastern Institute and Integrated Learning Management (EIILM) University, Sikkim, continuent de créer la polémique. Des doutes sont émis sur les agissements de la Tertiary Education Commission (TEC) et des universités indiennes clament que la University Grants Commission (UGC) de l’Inde ne reconnaît pas la branche mauricienne du Sikkim. Des manoeuvres malhonnêtes de certains hauts gradés de la TEC sont dénoncées, d’aucuns pointant du doigt des nominations à des postes de direction, alors que les nommés ne disposent pas des qualifications réclamées. Entre-temps, les étudiants pâtissent du fait que leurs diplômes, délivrés à Maurice, ne sont pas reconnus par les universités indiennes dont l’une vient d’octroyer le titre de Doctor Honoris Causa à notre Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Les incohérences concernant la mise sur pied de la EIILM University, Mauritius Branch, suscitent de nombreuses interrogations. Un étudiant souhaitant poursuivre ses études pour un postgraduate en Inde a eu un choc: son  diplôme, obtenu de l’institution d’Ebène, n’a pas été reconnu par au moins deux universités indiennes, la UGC ne reconnaissant pas la branche mauricienne de la EIILM University. Dans une lettre en date du 31 janvier dernier, l’université de Delhi informe l’étudiant mauricien que « since the UGC has not recognized the Offshore Campus of EIILM University, Sikkim in Mauritius, the degrees obtained through the said Offshore campus of EIILM University cannot be recognized by the university of Delhi for admission to postgraduate courses in Delhi University. »
Même réponse de la Kurukshetra University of Kurukshetra, en février dernier. La direction de cette université indienne – qui a récemment conféré le titre de Doctor of Law (Honoris Causa) à Navin Ramgoolam – fait ressortir que « Kurukshetra University, Kurukshetra recognises the degrees of only those universities which are recognised by UGC, and their Offshore Centres established with the permission of UGC for the purpose of Higher studies at this university, provided their programmes are approved by DEC (IGNOU) New Delhi. »
Cet étudiant ne sait plus quoi faire, s’interrogeant sur la validité des diplômes obtenus de la EIILM. Si les universités indiennes ne reconnaissent pas les diplômes délivrés à Maurice, c’est aussi un fait que les diplômes de la EIILM University n’ont pas un statut international, comme l’a souligné l’Under Secretary de la UGC. Il semblerait que si certains étudiants ont pu poursuivre leurs études en Inde après une formation au EIILM Mauritius Branch Campus, c’est parce que ces universités indiennes ne savaient pas où leurs diplômes avaient été délivrés.
Les diplômes délivrés par l’université d’Ebène ne font aucunement mention d’études effectuées à Maurice. Cela, alors que les règlements de la TEC – comme confirmé par son directeur, le Pr P. Mohadeb, lui-même – réclament toujours, lors de l’enregistrement d’une université étrangère à Maurice, que mention soit faite sur chaque diplôme où les études ont été effectuées. A titre d’exemple, sur le site de la ISITECH Business School, il est clairement indiqué que le diplôme obtenu provient des études effectuées à Maurice. Or, dans le cas d’EIILM, cette information ne figure pas.
EIILM aurait menti
Un détail qui ne passe pas inaperçu pour plusieurs observateurs qui soutiennent que l’implantation de la EIILM Mauritius Branch University ne s’est pas faite en accord avec les règlements de l’UGC et de la TEC. D’ailleurs, l’an dernier, les détracteurs de l’université des Jeetah, dont les membres du MSM, avaient démontré, au travers d’une lettre en date du 25 octobre 2011, que « The UGC has not granted any permission to EIILM University, Sillkim (Private University), to establish offshore campus in Mauritius, therefore the degree obtained from the Mauritius campus cannot be treated as valid. »
Les interrogations subsistent également quant au fait que l’université de Sikkim a été reconnue par la UCG en février 2008, alors que la branche mauricienne était déjà opérationnelle. Or, il est clairement stipulé dans les règlements de la UGC qu’une université ne peut opérer un offshore campus qu’après cinq années d’existence et, cela, suivant des conditions exceptionnelles.
Selon nos informations, dans un Inspection report en 2008, la UGC fait ressortir à « whether any offshore campus or study/ offshore Centre or Admission? » que tel n’est pas le cas à la EIILM University, Sikkim. Une donne qui, d’après les observateurs, laisse penser que cet organisme aurait menti sur le sujet, alors que sa branche était déjà opérationnelle à Maurice depuis 2007. « Si la UGC savait que la EIILM University avait une branche à Maurice, cette université du Sikkim n’aurait pas obtenu sa reconnaissance », soulignent les détracteurs.
Les observateurs se demandent si le board de la TEC aurait donné son aval pour l’implantation de l’université de Sikkim à Maurice s’il était au courant que la UGC ne reconnaît pas les diplômes off campus délivrés par cette institution. Interrogations également quant au rôle des assesseurs de la TEC, dont l’un a été récemment nommé à la tête de la TEC et l’autre à celle des Quality Assurance and Accreditation Officers. Dans ce dernier cas, l’assesseur serait moins qualifié que les officiers sous ses ordres, la TEC ayant enclenché les procédures pour revoir le scheme of service pour ce poste. Et l’assesseur aurait même été sanctionné pour avoir travaillé à temps partiel dans plusieurs institutions tertaires, alors que le règlement l’interdit. L’on se demande si ce n’est pas son engagement d’activiste politique qui lui aurait donné l’avantage pour ce poste au détriment de personnes qualifiées…