Dénouement hier dans le procès d’assassinat qui avait été intenté à Jean Désiré Huberto Charles, accusé d’avoir immolé son épouse par le feu. Il a été trouvé coupable à huit contre un par le jury. La sentence le concernant sera rendue mardi.
C’est en début de soirée hier que le jury a prononcé le verdict. Les jurés ont délibéré à partir de 16 heures hier après-midi, après que le juge-président, Prithiviraj Fekna, a fait son summing up. Cet exercice a commencé vers 9 h 45 hier matin et le juge s’est adressé au jury pendant toute la journée, s’arrêtant pendant quelques minutes pour des pauses. À la mi-journée, il a levé la séance plus longuement pour le déjeuner.
Ce procès a duré deux longs mois, lors desquels les jurés ont dû rester séquestrés dans un établissement hôtelier. Il a, en effet, tenu sa première audience le 24 septembre.
L’accusé, un homme d’une quarantaine d’années qui vivait avec sa conjointe habitant Triolet, Marie Greta Mendes, aurait, selon le dossier de l’accusation, commis le forfait qui lui a été reproché le 6 mai 2006. Il a plaidé non coupable.
L’accusé a soutenu qu’il y a eu une dispute entre lui et la victime qui s’est ensuite immolée. Mais un policier a consigné une déclaration de Marie Greta Mendes alors qu’elle se trouvait sur son lit d’hôpital. Elle a ainsi accusé son compagnon, Jean Désiré Huberto Charles.
La défense, qui est assurée par une équipe d’avocats menée par Me Rama Valayden, et qui comprend Mes Sanjeev Teeluckdharry, Neelkanth Dulloo, A. Mooroongapillay et E. Mooniapillay, a présenté une motion dans laquelle elle a contesté l’authenticité de cette « dying statement ». Pour elle, toute personne accusée est protégée par l’article 10 (2) (e) de la Constitution. Mais à la suite des débats, le juge a rejeté cette motion de la défense.
La poursuite a été soutenue par Me Mohanasundary Naidoo, Assistant DPP. Elle était assistée de Mes Ram Rammaya et Nitisha Seebaluck.
Lors de son réquisitoire, mercredi dernier, Me Naidoo a axé son intervention devant le jury sur les contradictions émanant de la défense. Lui donnant la réplique le lendemain, jeudi, Me Valayden est revenu sur la déclaration qu’a faite Greta Mendes sur son lit de mort.
Le Leading Counsel de la défense a soutenu que d’après la loi, de tels aveux auraient dû être recueillis par un magistrat de district. Or, dans le cas des propos de la victime tel n’a pas été le cas, les témoins de la police expliquant ce manquement par le fait qu’il n’y avait pas de magistrat disponible à ce moment précis. Mais, pour lui, la police aurait pu attendre, puisque la victime a rendu l’âme sept jours après.