La motion de « voir dire » logée par les avocats de la défense dans le procès intenté à Rudolphe Derek Jean Jacques, alias Gro Derek, et Bruno Casimir pour trafic de drogue, a pris fin hier avec les plaidoiries des avocats des deux parties. La défense avait objecté à ce que des preuves, soit des albums photos et des prélèvements d’ADN, soient produites en cour.
Un des avocats de Bruno Casimir, Me Alwin Jawaheer, a avancé comme raison le fait que son client n’avait « pas été confronté » à ces photos lors de ses interrogatoires à la police. Me Deepak Ruthna, l’avocat de Gro Derek, est lui d’avis qu’il y a eu « un délai conséquent » entre le début de l’enquête et la prise de ces photos. Concernant les prélèvements d’ADN, la défense a soutenu que les policiers en charge n’avaient « pas respecté les procédures » avant de prélever ces échantillons sur les accusés. Dans sa plaidoirie, la Défense a ainsi fait état de « manquements » au niveau de l’enquête policière.
La poursuite, représentée par Me Denis Mootoo, a soutenu pour sa part que des perquisitions avaient été effectuées et des autres preuves avaient été recueillies pour « la bonne tenue » de l’enquête à l’époque.
Prenant connaissance de ces plaidoiries, le juge Prithviraj Fekna rendra sa décision le 16 mai.
Pour rappel, Gro Derek est poursuivi sous quatre chefs d’accusation de trafic de drogue pour avoir “wilfully and unlawfully delivered dangerous drugs”. Il aurait remis de l’héroïne dissimulée dans plusieurs bouteilles à Seewoosing Dayal, en janvier et juin 2012. Le coaccusé Bruno Wesley Casimir, skipper de profession, est poursuivi sous deux chefs d’accusation. Il lui est reproché d’avoir transporté les bouteilles de drogue que Gro Derek aurait remises à Seewoosing Dayal. Environ 12 kg d’héroïne ont été saisis, d’une valeur marchande estimée à Rs 180 M. Les deux accusés ont plaidé non-coupable.