Dans un Ruling qu’elle a rendu lundi, la magistrate Reshma Sewpaul-Ramdhur, siégeant à la Bail and Remand Court (BRC), a rejeté la motion qu’avait présentée la semaine dernière Me Chetanand Baboolall, avocat de Sujeet Balkissur. Elle estime que le prolongement de sa détention est justifié. Suspecté de blanchiment d’argent dans le cadre de l’enquête dans l’affaire Gros Dereck, le suspect avait été arrêté.
« La remise en liberté du suspect constitue un gros risque pour l’enquête comme pour la société », considère la magistrate. Elle retient le fait que les appréhensions exprimées par le représentant de la police, l’inspecteur Assad Rujub, un des principaux enquêteurs dans cette affaire, méritent que l’on y accorde un certain poids.
La police avait donné trois raisons pour s’opposer à la remise en liberté de Sujeet Balkissur : 1) il pourrait disparaître sans laisser de trace ; 2) il pourrait commettre d’autres délits similaires ; et 3) il pourrait interférer avec des personnes impliquées dans l’affaire ou des témoins potentiels. En outre, elle estime que cette affaire connaît des ramifications internationales.
Cependant, tout en refusant d’accorder la liberté conditionnelle à Sujeet Balkissur, la magistrate a demandé à la police de faire diligence pour boucler l’enquête concernant le suspect dans les meilleurs délais.
C’est le 4 octobre que le dénommé Ashish Dayal a incriminé le suspect Dharamdeo Balkissur, Sujeet pour les intimes. Cet habitant de Quatre-Bornes est un homme d’affaires qui dirige une société de location de voitures. La police a saisi chez lui 115 cartes grises (horse power), dont 69 étaient en son nom. Il s’apprêtait à se lancer dans le nightlife, en ouvrant une boîte de nuit à Cascavelle, dans laquelle il aurait participé à 75 % des investissements.
Contre-interrogé par Me Baboolall, avocat de Balkissur, l’inspecteur a laissé entendre qu’il a volontairement restitué les voitures qu’utilisaient Rudolf Dereck Jean-Jacques, alias Gros Dereck, et Ashish Dayal.
Me Sunildutt Thannoo, State Counsel, représentait la poursuite lors des débats sur la motion qui avait été entendue par la BRC le lundi 22 octobre.