Jean-Marc Monplé, Technical Manager de la compagnie Emtel, a été le premier à déposer hier, lundi 5 février, devant la Commission d’enquête sur la drogue. L’ancien juge Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs, l’ancien ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan, et le Dr Ravind Dhomun, attaché au ministère de la Santé, souhaitaient des éclairages. Il fut question, notamment, de certains messages qui avaient été enregistrés via l’application téléphonique WhatsApp sur le téléphone de l’avocat Raoul Gulbul.

Lors de la déposition, en trois phases, de l’ex-chairman de la GRA, P. Lam Shang Leen avait questionné l’homme de loi sur ces messages, dont la provenance semblait remonter à la Colombie. P. Lam Shang Leen avait alors fait la réflexion que « la Colombie compte parmi les pays où le cartel des trafiquants de drogue est très notoire… » Raoul Gulbul avait nié toute communication avec ce pays d’Amérique latine.

Jean-Marc Monplé a expliqué hier les détails techniques derrière l’application téléphonique, arguant que « cela peut paraître en effet confus, car WhatsApp et les numéros internationaux de la Colombie commencent par 57… » Cependant, il n’a pu être prouvé que Me Gulbul était en communication avec une personne spécifique de la Colombie.

Dans le même souffle, il était aussi demandé au représentant d’Emtel de fournir des informations relatives à un autre numéro international, toujours concernant Raoul Gulbul. J-M Monplé a indiqué : « L’indicatif présenté, soit le 262, est celui utilisé à La Réunion ainsi qu’à Mayotte, et les trois chiffres qui suivent, soit le 692, correspondent à un opérateur de téléphone mobile de l’île soeur. Cependant, rien ne dit que ce numéro a été utilisé de La Réunion, puisque le “roaming” existe et il se peut que la personne qui appelait se trouvait ailleurs dans le monde… » Jean-Marc Monplé a aussi été interpellé sur le cas de ce représentant commercial d’une agence de voyages qui avait fait l’acquisition de… 2 000 cartes SIM !

La Commission d’enquête sur la drogue a tenu à faire état des dangers qui existent dans de telles circonstances, notamment dans les cas des étrangers qui achètent des cartes SIM à Maurice le temps de leur séjour et dont certains de ces numéros sont retrouvés en prison, en possession de détenus. Le représentant d’Emtel a déclaré que « la compagnie a bien pris note des risques que cela engendre » et que « nous travaillons avec les autorités sur une formule nouvelle… »