Septième semaine de procès devant les Assises pour Avinash Treebhoowoon (accusé N°1) et Sandip Moneea (accusé N°2) dans le meurtre avec préméditation de Michaela Harte. Selon deux médecins appelés à la barre hier, aucune blessure n’a été décelée sur Treebhoowoon lors d’examens médicaux les 12 et 17 janvier, après qu’il eut accusé des éléments de la MCIT de l’avoir frappé. Par ailleurs, le Dr Chiniah a soutenu que l’accusé N°1 lui a dit qu’il n’avait reçu aucun coup à l’oreille. Me Rama Valayden a également fait son opening speech durant l’après-midi.
Le procès de l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte s’est poursuivi hier devant le juge Prithviraj Fekna siégeant aux Assises. Avinash Treebhoowoon (accusé N°1) et Sandip Moneea (accusé N°2) sont depuis sept semaines sur le banc des accusés dans cette affaire où ils risquent 60 ans de servitude pénale.
Un médecin de l’hôpital SSRN a été appelé par Me Sanjeev Teeluckdharry. Le médecin ayant examiné Treebhoowoon n’étant pas au pays, c’est le Dr Nabeebux qui a été désignée par le superintendant de l’hôpital pour venir déposer devant les Assises. Elle a expliqué qu’il n’y avait pas de blessures externes sur le suspect. Répondant à une question de Me Mehdi Manrakhan, Principal State Counsel, le Dr Nabeebux a dit qu’il est « obvious » que le médecin a examiné le patient en lui demandant d’enlever son T-shirt. Le juge a toutefois expliqué au jury que c’était une opinion d’une experte mais qu’elle n’était pas présente durant l’examen.
Le Dr Chiniah était posté à l’ENT de Vacoas et a ausculté Avinash Treebhoowoon quand celui-ci s’est plaint d’avoir mal aux oreilles, le 17 janvier. Le jeune médecin a expliqué que le patient lui a dit qu’il souffrait depuis la veille de son oreille gauche. Le patient avait une perforation d’une membrane dans l’oreille, pouvant causer, dit-il, une perte de l’ouïe. Lui demandant pourquoi l’accusé N°1 n’était pas passé devant un spécialiste, le Dr Chiniah a fait comprendre que d’après son examen il s’agissait d’une infection. Un antibiotique lui a été prescrit.
Dr Chiniah : Quand je lui (Avinash Treebhoowoon) ai demandé s’il avait reçu un coup dans l’oreille, sa réponse était non.
Lors du réexamen par Me Teeluckdharry, le témoin a déclaré que les causes de la perforation n’ont pu être établies.
Me Yahia Nazroo a ensuite été appelé à la barre des témoins. Et tant que secrétaire du Bar Council, il a été délégué pour témoigner sur deux lettres de l’ancien avocat de l’accusé N°1 Me Ravi Rutnah. Ce dernier s’est plaint du comportement de certains éléments de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), notamment le sergent Balgobin, le CI Gérard et l’ACP Soopun. Un interrogatoire qui sera soumis à plusieurs objections de la part de la poursuite. Le juge Prithviraj Fekna a ensuite référé Me Teeluckdharry à son ruling disant clairement que les lettres ne seraient pas produites durant le procès. Selon Me Nazroo, il y a également une correspondance du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) à l’ancien chairman du Bar Council sir Hamid Moolan (QC). Cette lettre était en relation avec une interview donnée à un confrère de la radio.
Pas de preuves scientifiques
Dans la deuxième partie de la session d’hier après-midi, Me Rama Valayden, avocat principal de Sandip Moneea, a fait son discours d’ouverture. Pendant une heure et demie, l’homme de loi a déclaré qu’il n’y a que des circumstancial evidences contre son client. Pour lui, le témoin principal de la poursuite Raj Theekoy n’est pas crédible. Il serait venu témoigner dans le seul but de bénéficier de l’immunité. L’avocat a cité un appel fait par son mentor sir Gaëtan Duval, où le juge avait déclaré que les aveux d’un accusé à la police n’ont pas de poids devant la cour si le prévenu ne vient pas les confirmer ou les nier.
« Nous sommes tous à la recherche de la vérité. Nous avons prêté serment de la faire triompher », a déclaré l’avocat au jury. Il a soutenu que c’est la première fois depuis l’indépendance que le pays joue sa réputation. Me Rama Valayden a expliqué que l’ACP Soopun, avec 40 ans d’expérience, n’a pas jugé bon d’avoir d’autres preuves pour son enquête. Il est d’avis que si la police avait bien fait son travail, « les vrais coupables seraient assis sur le banc des accusés ». « La police a pu visionner 60 heures de CCTV en 4 heures seulement… Comment fait-elle ? » a lancé l’homme de loi.
Me Rama Valayden a soutenu qu’il n’y a pas de preuves scientifiques contre les deux accusés. Les examens de Suzan Woodroffe ont montré qu’il y avait plusieurs profils d’ADN, qui n’ont pu être identifiés. L’avocat est d’avis que si la police avait bien fait son travail, les personnes auraient pu être identifiées et faciliter la tâche du jury. Les empreintes trouvées, notamment celles sur les lunettes de soleil de la victime, n’ont rien donné. Le footprint sur le drap n’a pas été utilisé comme preuve par la poursuite alors que la police a saisi les chaussures des deux accusés. Me Valayden a souligné qu’il exposera les 75 contradictions qu’il a relevées de Theekoy pendant son closing speech. Il a ajouté que selon la poursuite, tous les témoins sont des menteurs sauf les policiers.
Rappelons que Michaela Harte était âgée de 28 ans quand elle a été assassinée dans la chambre 1025 de l’hotel Legends le 10 janvier 2011. Elle était en lune de miel avec son mari. Les deux assassins présumés sont des anciens employés de l’hôtel. Sandip Moneea est aussi défendu par Mes Rouben Mooroongapillay, Siven Tirvassen, Neelkanth Dulloo et Arassen Kallee. Les accusés ont plaidé non coupable hier. Le ministère public est représenté par Mes Mehdi Manrakhan, Nataraj Muneesamy et Chitra Servansing-Bhuruth.