Le juge-président de la Cour d’Assises, Prithviraj Fekna, s’est adressé au jury aujourd’hui pour son summing-up, qu’il a prévu d’être d’une durée 150 à 180 minutes. Il a fait un tour d’horizon des données de ce crime perpétré sur la personne de Michaela Harte dans la chambre d’hôtel qu’elle occupait avec son époux, John McAreavey, le 10 janvier 2011. Il a invité les jurés à ne s’en tenir qu’aux faits dans cette affaire, leur disant qu’ils ne doivent pas se laisser influencer par des commentaires qu’ils ont entendus lors du procès, ni les états d’âme des parties concernées. Après cet exercice, l’on doit s’attendre à ce que le jury rende son verdict de façon imminente.
« The main purpose of the summing-up is to assist you in law » affirme d’emblée le juge. Il situe le rôle que joue chaque partie : 1) le juge est là pour veiller au bon déroulement du procès et guider le jury ; 2) les avocats pour présenter leur dossier ; et 3) les jurés pour considérer les faits, et aussi « whether you find a witness credible and whether you decide to accept or reject him ».
Tout comme pour l’image du pays qui aurait été éclaboussée sur le plan international, les critiques formulées contre la police sont à ignorer, souligne le juge-président. Pour lui, ce n’est pas la force policière qui se trouve sur le banc des accusés mais deux individus, et ce n’est pas au jury de la juger, la punir ou même la réformer au besoin. Il faut laisser cette tâche aux autorités compétentes, qui sont mieux placer pour revoir, si nécessaire, la méthode qu’utilisent les enquêteurs.
Le juge s’appesantit sur le fait que le jury peut trouver les accusés coupables sur une accusation moindre que celle pour laquelle ils sont poursuivis. Il explique que l’assassinat implique qu’on a voulu donner la mort après l’avoir planifié, alors que l’homicide c’est donner la mort intentionnellement mais sans l’avoir planifié. En outre, il y a des coups et blessures infligés avec préméditation sans intention de tuer mais qui ont entraîné la mort, coups et blessures infligés sans préméditation et sans intention de tuer. L’autre verdict possible est de trouver les accusés innocents.
Le juge a ensuite abordé la question de savoir qui doit prouver quoi. Il se réfère à l’article 10 (2) (a) de  la Constitution qui prévoit que toute personne accusée est innocente tant que sa culpabilité n’est pas établie. Mais il y a également ce qu’on appelle la Standard Proof, selon laquelle la culpabilité ne requiert pas qu’elle doit être prouvée à 100 %. C’est un extrême auquel l’on ne devrait pas s’attendre, puisqu’il y a une partie des témoignages, bien qu’ayant été dits en toute bonne foi, qui mérite d’être rejetée. C’est là que le bénéfice du doute entre en jeu.