Alors que la journée d’hier dans le procès en Cour d’Assises a été marquée par une visite de la scène du crime commis à l’hôtel Legends le 10 janvier 2011 sur la personne de Michaela Harte, l’audience de ce matin a donné lieu à des débats sur la liste de témoins soumise par la défense de l’accusé N°1, Avinash Treebhoowoon. Cette liste comprend dix personnes dont l’assignation de certaines d’entre elles a fait l’objet d’une contestation de la part de la poursuite. Le juge-président, Prithiviraj Fekna, rendra son ruling demain matin.
Les deux premiers éventuels témoins de cette liste n’ont fait l’objet d’aucune contestation, puisqu’il s’agit de l’épouse et du père de l’accusé, Reshma et Sooriadeo Treebhoowoon, de même que des surintendants des hôpitaux SSR et ENT. La poursuite, après un bref échange d’arguments entre la défense et elle, a fait savoir qu’elle ne s’oppose pas à l’assignation de Seenarain Mungroo, agent de sécurité à l’hôtel anciennement connu comme le Legends. Ce dernier, qui était sur la liste des témoins de la poursuite, n’a pas été convoqué à la barre.
En ce qui concerne les autres témoins potentiels, la défense veut établir en les assignant, comme l’a fait comprendre le juge lors des échanges qui ont eu lieu entre les parties, qu’il y aurait une sorte de modus operandi sur la méthode de travail des officiers de la MCIT lorsqu’ils enquêtent.
C’est pour cela que l’avocat de l’accusé N°1, Me Sanjeev Teeluckdharry, voudrait assigner le président du Bar Council, pour qu’il produise 1) la copie de la plainte faite par Me Ravi Rutnah (qui était au départ un autre avocat du même accusé) datée du 17 janvier 2011 « in relation to police brutality and misconduct by officers of the MCIT », et 2) une copie des plaintes faites par des membres du barreau contre la MCIT durant ces 15 dernières années. Le Registrar de la Cour suprême serait appelé afin qu’il produise en Cour une copie de certaines poursuites judiciaires logées par des personnes contre des officiers de la MCIT. Me Jean-Claude Bibi a été également choisi en vue d’apporter son témoignage, a expliqué Me Teeluckdharry, parce qu’il a paru pour plusieurs personnes qui auraient été victimes de brutalité policière.
À plusieurs reprises, le juge est intervenu pour faire comprendre à Me Teeluckdharry que si la défense est à cheval sur le respect des droits des accusés, elle doit l’être également à l’endroit des personnes qu’elle accuse à son tour. Pour Me Nataraj Muneesamy, qui a été le principal porte-parole de la poursuite dans les débats, toute la question relève de la pertinence des témoignages éventuels au procès.