Le procès devant les assises d’Avinash Treebhoowoon et Sandip Moneea, accusés du meurtre avec préméditation de Michaela Harte (27 ans), s’est poursuivi hier devant le juge Prithviraj Fekna. Appelé à la barre des témoins, le PC Manoovaloo a nié les allégations de brutalité policière sur Treebhoowoon et a soutenu que Govinden Saminaden aurait menti à la police dans son premier statement pour protéger Moneea.
« C’est complètement faux et infondé ! » C’est ce qu’a répondu hier après-midi le Police Constable Jean-Marie Manoovaloo de la Major Crimes Investigation Team aux accusations de brutalité policière portées contre lui par Avinash Treebhoowoon (accusé N°1). Le PC Manoovaloo a enregistré plusieurs statements dans cette affaire, notamment pour Avinash Treebhoowoon et Govinden Saminaden.
Me Medhy Manrakhan, Principal State Counsel, lui a demandé pourquoi l’interrogatoire de Saminaden était « under warning ». Le limier de la MCIT a expliqué qu’il a agi sous l’instruction de l’Assistant Commissaire de Police (ACP) Soopun, chef de la MCIT, parce qu’il suspectait le valet de chambre d’avoir menti dans sa première déposition. Après avoir obtenu les door readings, ils ont estimé que Moneea n’aurait pas pu être avec Saminaden au moment du meurtre. « M. Saminaden lied to the police and tried to shield Moneea in his first statement to the police », a affirmé le policier.
« Sak fwa ki mo koz laverite zot bouskil mwa, zot dir mwa sign isi sign laba… Zot amenn mwa dan lot lasam ek dir mwa zot pou ferm mwa… Ler mo dir zot zot pe fer erer zot pa le aksepte… Telma monn boulverse mo pa kone ki ti pe ariv mwa. » Voilà les allégations portées contre la MCIT par Govinden Saminaden en cour la semaine dernière. Confronté à ces accusations, le policier devait camper sur sa position en niant. « C’est absolument faux ! Il a même donné des détails sur ce qui c’est passé le 10 janvier », répond l’officier.
Me Sanjeev Teeluckdharry, lors de son contre-interrogatoire, a exposé la liste des allégations qui accusent le témoin d’avoir notamment “torturé” le suspect le 12 janvier 2011 au bureau de la MCIT. Le PC Manoovaloo rejette ces accusations, qui sont pour lui « false and malicious ». Le policier avait dit qu’il avait entendu une partie de la conversation entre l’accusé N°1 et son avocat (NdlR : Me Ravi Rutnah). Treebhoowoon lui aurait dit qu’il avait mal à la tête et qu’il donnerait sa déposition le lendemain.
Me Teeluckdharry : Selon mon client, le CI Gérard et vous avez dit à Avinash Treebhoowoon de ne pas parler à son avocat.
PC Manoovaloo : Ce n’est pas vrai. Il a parlé avec son avocat ce soir-là.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles la police n’a pas confronté l’accusé N°1 aux door readings à ce moment-là, le PC Manoovaloo a expliqué qu’il n’avait pas encore eu le document.
Le témoin a ensuite été brièvement contre-interrogé par Me Rama Valayden.
Me Valayden : Êtes-vous au courant d’un appel qu’a reçu Sandip Moneea sur le talkie-walkie afin de remplacer les serviettes de la chambre 1020 ?
PC Manoovaloo : Non.
Lors du re-examination, le policier a affirmé que la première déposition de Govinden Saminaden a été donnée volontairement et que la deuxième était under warning.
Le constable Rajiv Mooruth du poste de police de Grand-Gaube a été également appelé à la barre des témoins. Il faisait office de sentinelle devant la porte de la chambre 1025 le 10 janvier dans l’après-midi. Le policier serait allé avec le sergent Elaya à la Police Medical Unit de Candos pour l’autopsie de Michaela Harte par le Dr Gungadin.
Lors du contre-interrogatoire, le policier a dit que l’autopsie s’est terminée vers une heure du matin et qu’il est ensuite allé au Forensic Science Laboratory (FSL) de Réduit. Me Teeluckdharry l’a confronté au rapport du Chief Forensic Scientist Ramtoola qui a affirmé que le policier a déposé des « post mortem specimens » à 23 h 50. C’est lors du re-examination que le policier a dit qu’il a pu se tromper pour l’heure.