La poursuite est passée à l’offensive hier lors du contre-interrogatoire d’Avinash Treebhoowoon, poursuivi pour l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte. L’accusé N° 1 n’a pu répondre à plusieurs questions du Principal State Counsel Me Mehdi Manrakhan, du watching brief de l’époux de la victime Me Dick Ng Sui Wa et du juge Prithviraj Fekna. L’avocat du parquet a qualifié le meurtrier présumé de « menteur » tout au long de cet exercice.
Me Sanjeev Teeluckdharry a appelé hier son client Avinash Treebhoowoon pour la suite de son contre-interrogatoire par le Principal State Counsel Me Mehdi Manrakhan. Celui-ci, en tant que Leading Counsel de la poursuite, a assailli l’accusé N° 1 de questions sur les contradictions dans ses statements qu’il disait être « fausses » dans un premier temps.
Aucun aveu ne figure dans la première déposition de l’ancien valet de chambre du Legends faite le 11 janvier 2011, soit le lendemain du meurtre de Michaela Harte et le jour de son arrestation. Avinash Treebhoowoon a cependant déclaré avoir été torturé ce jour-là par des éléments de la Major Crimes Investigation Team (MCIT).
Me Manrakhan :Si vous avez été battu ce jour-là vous auriez avoué n’est-ce pas ?
Une question qui est restée sans réponse comme beaucoup d’autres… L’avocat du parquet a fait état des grandes lignes des allégations de brutalité policière par Avinash Treebhoowoon. Il a d’abord parlé de l’épisode à Pamplemousses où, en route vers la Criminal Investigation Division (CID) de Piton, le chef inspecteur Gérard et ses sous-officiers Manoovaloo et Lebon auraient frappé l’accusé dans le véhicule. Il aurait reçu entre autres quatre coups de poing à l’estomac.
Me Manrakhan :Comment expliquez-vous que le médecin à l’hôpital SSRN n’a relevé aucune blessure externe sur vous ?
Treebhoowoon :Je n’ai pas enlevé mon t-shirt quand il m’a examiné…
Me Manrakhan :Vous dites à la cour de Mapou que vous aviez été battu. Vous êtes transporté à l’hôpital et vous n’enlevez pas votre t-shirt ?
Treebhoowoon :Quand je suis entrée dans le cabinet du médecin, des officiers l’avaient déjà vu…
Me Manrakhan : Le médecin a inscrit sur sa fiche n’avoir trouvé aucune blessure externe. Vous voulez dire qu’il vous a regardé et a écrit ces commentaires ?
Treebhoowoon :Non… Le médecin ne m’a pas parlé.
Avinash Treebhoowoon n’a pas cessé de répéter être innocent et avoir été tabassé par des éléments de la MCIT. L’avocat du State Law Office lui a demandé s’il ne pensait pas que si c’était le cas cela aurait laissé des marques. L’accusé N° 1 a alors répondu par la négative. Le juge Prithviraj Fekna a ensuite posé à l’ex-valet de chambre des questions pour clarifier certains aspects.
Juge Fekna :Avant de passer devant le médecin le 12 janvier, vous avez été tabassé par le 11 janvier à Piton et à la MCIT avant d’aller à Pointe-aux-Canonniers ?
Treebhoowoon :Oui
Juge Fekna :Combien de gifles avez-vous reçu ?
Treebhoowoon :Quatre.
Juge Fekna : J’ai fait les comptes… Vous avez dit 13.
Treebhoowoon :J’ai reçu quatre gifles à la CID de Piton…
Juge Fekna :Vous essayez donc de me faire croire que quand vous êtes allé à l’hôpital SSRN, votre visage était normal ? Pourtant se sont des policiers costauds…
Avinash Treebhoowoon a alors maintenu avoir été battu le 11 janvier. « Vous vous embrouillez dans vos mensonges », a lancé Me Mehdi Manrakhan à l’accusé N° 1 qui a soutenu avoir dit la vérité. L’avocat de la poursuite a affirmé qu’aucune blessure n’a été trouvée selon le rapport du Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer. Il a aussi lu des extraits de la déposition du 13 janvier 2011. Le prévenu devait déclarer que cettestatement n’avait pas été prise le 13 mais le 11.
L’avocat du State Law Office a confronté Avinash Treebhoowoon à ce que stipule le rapport du médecin légiste sur les blessures observées à la suite de l’examen du corps de la victime. Selon Me Manrakhan, elles coïncident avec ce qui est écrit dans la déposition.
Juge Fekna :Donc, selon vous, votre avocat et vous êtes restés assis pendant 2 h 15 lors de la déposition du 13 janvier sans dire mot ?
Treebhoowoon :Oui.
Me Manrakhan :Donc vous avez signé en présence de votre avocat ?
Treebhoowoon :Oui.
Le watching brief de la famille McAreavey et Harte, Me Dick Ng Sui Wa, a fait poser plusieurs questions au témoin sur son état psychologique au moment de l’examen pratiqué par le Dr Gungadin à Candos. Le chef du département médico-légal de la police avait noté que son état mental et psychologique était normal.
Michaela Harte et son mari John McAreavey étaient en lune de miel à l’hôtel Legends. L’Irlandaise a été retrouvée morte par son époux le 10 janvier 2011. Avinash Treebhoowoon avait nettoyé la chambre de la victime ce jour-là et Sandip Moneea (accusé N° 2) assumait les fonctions de superviseur du département DeLuxe.
Me Sanjeev Teeluckdharry représente Avinash Treebhoowoon alors que Mes Rama Valayden, Rouben Mooroongapillay, Siven Tirvassen, Neelkanth Dulloo et Arassen Kallee assurent la défense de Sandip Moneea. Mes Mehdi Manrakhan, Nataraj Muneesamy et Chitra Servansing-Bhuruth représentent la poursuite.