Le comité disciplinaire institué pour faire la lumière sur l’affaire Hermant Madhow a reconnu jeudi que cet assistant manager du centre MITD à Ébène, suspendu de ses fonctions depuis le 21 janvier, avait agi en tant que syndicaliste lors de son intervention concernant la gestion de cet établissement sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre 2012. Le comité lui a toutefois demandé de présenter de « further evidence » montrant qu’il n’a pas abusé de sa position de syndicaliste, le 19 mars. Une demande contestée par d’autres syndicalistes qui font état d’une tentative de « les museler ».
Le 21 janvier, l’assistant manager du centre de formation du MITD à Ébène reçoit une lettre expresse à son domicile l’informant qu’il a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat. Cette action disciplinaire est justifiée par le MITD à travers « cinq charges » retenues contre Hermant Madhow, également président de la MITD Employees Union. On lui reproche, entre autres, d’avoir fait des commentaires jugés non-fondés sur la gestion du MITD sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre dernier et d’avoir ouvertement critiqué l’établissement pour sa façon de procéder dans un cas d’allégation de pédophilie.
Pour le MITD, Hermant Madhow aurait « breached Section 1.6.9 of the HR Manual by giving a statement to the press without seeking prior approval of the Officer in Charge ». Soutenu par des dirigeants syndicaux, le président de la MITD Employees Union s’est engagé dans un combat pour réclamer justice.
Lors de l’audition, l’homme de loi d’Hermant Madhow, Me Kishore Pertab, a fait comprendre aux représentants du MITD que c’est en sa qualité de syndicaliste que son client s’est exprimé à la presse et non en tant qu’employé. Il a ainsi demandé à ce que les charges retenues contre lui soient rayées et qu’il soit réintégré à son poste dans les meilleurs délais.
Me Hervé Lassémillante, qui présidait ce comité disciplinaire, a fait connaître son verdict hier. Il a ainsi reconnu que c’est en tant que syndicaliste que M. Madhow est intervenu à la radio le 20 novembre. « Counsel agreed that according to the audio recording extract, M. Madhow was introduced as the president of the MITD Trade Union », peut-on lire dans le ruling. Il est aussi indiqué qu’outre d’être un syndicaliste, M. Madhow est avant tout un Public Official qui doit respecter le Code of Ethics. Le comité disciplinaire s’interroge ainsi sur ses responsabilités en tant qu’employé du MITD. À cet effet, Hemant Madhow est appelé à produire le 19 mars de « further evidence » pour montrer qu’il n’a pas abusé de sa position de syndicaliste et a agi en bonne foi.
Or, du côté des syndicats, l’on se montre critiques. Pour eux, il clair que « M. Madhow avait agi en tant que syndicaliste avec tous ses droits ». Au Mauricien, le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions Deepak Benydin dénonce une tentative de « museler les syndicalistes ». Il se dit d’autant plus inquiet que « la liberté d’expression des fonctionnaires est menacée ». « C’est grave car si un fonctionnaire doit s’expliquer et passer devant un comité disciplinaire pour avoir agi en tant que syndicaliste, un jour les fonctionnaires n’auront plus le droit de parler », dit-il. Il estime aussi que le MITD devrait réintégrer M. Madhow au plus vite.