L’arrestation de l’imam Moosa Beeharry, qui officiait religieusement jusqu’à la semaine dernière à la Prison de Beau-Bassin, a poussé les autorités pénitentiaires à revoir tout le dispositif dans le monde carcéral. D’ailleurs, avec le choix du maulana de la prison effectué sous la plus haute autorité religieuse de foi islamique, le président de la Jummah Mosque, Nasser Ramtoolah, a pris contact avec le commissaire des Prisons, Jean Bruneau, dès hier matin, en vue de revoir tout le protocole. D’autre part, avec l’arrivée de Rudolf Dereck Jean-Jacques à la Prison Centrale de Beau-Bassin, de strictes mesures de contrôle et de vigilance ont été entérinées pour la détention de ce mécanicien, toujours de blanc vêtu.
Le président de la Jummah Mosque a pris rendez-vous avec la direction générale de la Prison pour demain. Le principal item à l’agenda est de passer en revue le protocole au sujet de la présence d’un imam dans l’enceinte de la prison. L’inculpation de l’imam Beeharry pour complicité avec des trafiquants de drogue a été un véritable choc à la prison et au sein de la Jummah Mosque.
L’une des premières questions, qui devra être abordée, touche au remplacement de l’imam Beeharry pour la prière du vendredi à la prison aussi bien que les conditions entourant cette présence. Jusqu’ici, les autorités de la Prison avaient fait preuve de souplesse par rapport aux hommes religieux lors des tournées à la prison. Il est un fait reconnu qu’au cours des dernières années, l’imam de la Prison n’avait pas fait l’objet de fouilles ou de contrôle particulier.
« Ce fut une véritable onde de choc pour nous à la Prison d’apprendre l’arrestation de l’imam. En même temps, c’est un soulagement. Jusqu’ici, nous avions hebergé quelqu’un en qui nous avions placé notre confiance et qui avait pour mission de montrer l’exemple en matière de probité et de comportement. Ce qui n’était pas forcément le cas », déclare le commissaire des Prisons.
En marge de cette affaire et de l’incarcération de Gros Dereck, après sa comparution en Cour de Pamplemousses au cours de la semaine écoulée, de strictes mesures de contrôle ont été prises pour éviter des « contacts contagieux ». Il est toujours en détention provisoire à la Prison de Beau-Bassin mais il n’est pas à écarter que dans un avenir pas très lointain, il soit transféré à la prison de haute sécurité de La-Bastille à Phoenix.
Mais aucune des sources officielles n’a voulu confirmer ou infirmer ce détail d’autant plus qu’il faudra s’attendre à voir le skipper de L’Ange Rapide, Bruno Westley Casimir, monter à la Prison de Beau-Bassin dès cette semaine. Le commissaire des Prisons, accompagné de ses plus proches collaborateurs, a effectué hier matin une tournée générale des différents Yards de Beau-Bassin et passé en revue les points faibles du système en vue de les renforcer pour parer à tout éventualité.
Toujours dans le sillage du démantèlement de cet important réseau de drogue, la direction générale de l’ADSU a pris la décision de « step up the Subutex Watch ». En effet, la consigne visant à renforcer la vigilance par rapport au trafic de Subutex a été transmise à tous les membres de l’ADSU aussi bien qu’aux douaniers affectés aux points de contrôle à l’aéroport et au port.
Avec l’état d’urgence sur les trafiquants d’héroïne et l’assèchement du marché, les autorités craignent une resurgence dans le trafic de Subutex, d’où la nécessité de relever la garde « on high alert ». D’ailleurs, le prix de cette drogue sur le marché a pris l’ascenseur pour être le double de ce qu’il était il y a à peine un mois…