L’affaire Infinity a repris devant le juge Paul Lam Shang Leen. Le liquidateur de la compagnie, Roger Boodhna, réclame pas moins de Rs 115 millions à Jean Suzanne et Gérald Bouillaud. L’affaire sera appelée de nouveau le 7 mars devant la Cour suprême.
Le liquidateur d’Infinity BPO Roger Boodhna a initié un procès en réclamation à hauteur de Rs 115 millions à l’ancien Executive Chairman d’Infinity Group Jean Gerard Ben Suzanne et son ancien directeur général, Gérald Bouillaud, devant le juge Paul Lam Shang Leen, sous l’article 155 (3) de l’Insolvency Act. Jean Suzanne était représenté par son avoué Me Raj Sewraz alors que Gérald Bouillaud, étant en France, ne s’est pas présenté. Une lettre de comparution lui sera envoyée en France afin qu’il réponde à la justice mauricienne lors de la prochaine audience, soit le 7 mars prochain.
Roger Boodhna fait état de certaines malversations où les deux hommes seraient impliqués, dans un affidavit du senior attorney Me Thierry Koënig. Des fausses factures et des irrégularités autour du « stimulus package » dont a bénéficié Jean Suzanne seraient au centre de l’action en réclamation. L’ancien directeur financier d’Infinity, Jérôme Appavoo, a évoqué, dans un affidavit, des maldonnes qu’auraient commis Jean Suzanne pour faire croire qu’il avait injecté des fonds dans le centre d’appels, en l’occurrence quelque Rs 3 millions en 2009 et Rs 9 millions en 2010, du shareholder’s funds du centre d’appels, et ce pour remplir une des conditions du stimulus package sous le Mechanism For Transitional Support to the Private Sector (MTSP). Il aurait alors utilisé les fonds de la compagnie au lieu du Shareholder’s funds.
L’affidavit de Jérôme Appavoo soutient que Jean Suzanne et Gérald Bouillaud ont utilisé un mécanisme pour « siphoning off and fraudulently misappropriating funds » qui appartenaient à la compagnie d’une somme d’environ Rs 18 millions. Une liste de paiements pour des équipements, notamment des faux plafonds, des climatiseurs, meubles et toilettes, sembleraient être fictives, compte tenu de l’état du bâtiment en question. Les services de la compagnie d’audit Pricewaterhouse Coopers (PwC) avaient été retenus pour l’examen des comptes. PwC aurait alors envoyé une lettre le 20 décembre 2010 au Financial Reporting Council et au Mauritius Institute off Professional Accountants faisant état de sa « strong suspicion of a fraud that has been perpetrated in the company ».
Rappelons que le liquidateur a introduit une demande de mareva injunction au juge Paul Lam Shang Leen en chambre pour empêcher les deux hommes de disposer de leurs biens. Des huissiers ont alors saisi des biens du patron d’Infinity en mai 2011. Aucune information n’a été fournie par la Natixis Private Banking International (Luxembourg) sur des comptes offshores de Suzanne et Bouillaud. À savoir que le liquidateur a initié d’autres procès en réclamation à la Barclays (Rs 3,7 M), Datamatix (Rs 19 M) et Business Parks of Mauritius Ltd (Rs 19 M).