La décision du DPP de faire appel du jugement de la Cour suprême sur l’affaire Medpoint introduit « un flou dans le paysage politique au pouvoir », a affirmé Alan Ganoo, président du Mouvement patriotique (MP) lors d’une conférence de presse samedi. Il a rappelé que le DPP s’est prévalu des pouvoirs qui lui sont conférés pour interjeter appel dans ce contexte. « On sait que la Cour intermédiaire s’était prononcée sur la question de conflit d’intérêts et avait condamné Pravind Jugnauth. Ce dernier avait fait appel et demandé à la Cour suprême de donner son avis sur cette interprétation.. La Cour a donné son interprétation et a longuement élaboré sur ce concept. Maintenant que le DPP a décidé de demander l’autorisation de la Cour suprême pour faire appel devant le Privy Council, ce jugement est attendu avec intérêt car il pourra enrichir la jurisprudence du pays et celle du Commonwealth », a estimé le président du MP.
Au plan politique, Alan Ganoo estime que cet appel ne changera pas grand-chose pour Pravind Jugnauth vu que ce dernier dispose de la présomption d’innocence car ayant été déculpabilisé par la Cour suprême.
Alan Ganoo reconnaît toutefois que la décision du DPP de faire appel crée un « flou » au niveau du gouvernement. Et en attendant que les Law Lords se prononcent sur la question, une épée de Damoclès reste suspendue au-dessus de la tête de Pravind Jugnauth, souligne-t-il.
Au chapitre de lutte anti-drogue, le leader du MP a déploré l’absence de Maurice à la récente Special session of the United Nations General Assembly, tout en rappelant que le gouvernement a fait adopter une législation pour éliminer la NATRESA. « L’occasion était donnée à Maurice de contribuer à la réflexion mondiale sur les nouvelles stratégies de lutte contre la drogue mais l’absence des représentants de la Santé démontre un total manque de sérieux du gouvernement quant à son engagement dans le combat contre la drogue »,  a-t-il mis en exergue.  
Alan Ganoo, qui doit intervenir demain dans le cadre des débats sur la consolidation de la loi contre la violence domestique, estime que le texte de loi est un « unfinished business » et considère que la ministre Aurore Perraud aurait dû avoir proposé des amendements au code pénal pour criminaliser le viol domestique.
Concernant l’expulsion de Paul Bérenger, leader de l’Opposition, de l’Assemblée nationale la semaine dernière, Alan Ganoo a considéré que les torts sont partagés.