La possibilité qu’il y ait eu une erreur judiciaire dans l’affaire L’Amicale existe, soutient Me Rama Valayden, avocat. Il a évoqué cette éventualité lors d’une conférence presse tenue hier, jour du 14e anniversaire de ce triste événement.
L’homme de loi demande que le dossier de l’enquête soit rouvert afin de pouvoir établir si ceux qui ont été trouvés coupables aux Assises sont ceux-là même qui avaient, de par leurs actes, provoqué, dans la soirée de ce dimanche 23 mai 1999, la mort de sept personnes, dont une femme enceinte de huit mois.
Entouré de Mes Neelkanth Dulloo, Sanjeev Teeluckdharry, Sameer Hossenbaccus, Ravi Rutnah et d’autres jeunes, dont Me Kaviraj Bokoree, avoué, Rama Valayden a rappelé la tension qui prévalait ce jour-là. Elle a commencé par des actes d’hooliganisme au stade Anjalay, où se disputait un match de football entre la Fire Brigade et les Muslim Scouts. Après la rencontre, des champs de canne ont été incendiés entre le stade et Terre-Rouge, alors qu’à Port-Louis, il y a eu des incidents à divers endroits, notamment des bureaux de la MFA et de l’immeuble Emmanuel Anquetil, qui avaient été saccagés. Les tensions ont culminé avec l’incendie criminel de la maison de jeux L’Amicale, « qui a été un haut lieu de l’émancipation de notre secteur touristique à Maurice, ayant été visitée par des vedettes de renommée mondiale, à l’image de Brigitte Bardot », a dit l’avocat.
Citant Voltaire, qui a dit « Aux vivants, nous devons le respect, aux morts, nous devons la vérité », Me Valayden trouve qu’il est temps de connaître la vérité. Il a souligné le fait que des informations avaient été circulées à l’époque, selon lesquelles les auteurs de l’incendie avaient été formés hors du pays.
Avec son équipe de professionnels et de quelques étudiants en droit, il promet de rendre public un rapport sur les failles qu’aurait contenu le dossier à charge déposé contre les quatre hommes qui ont été traduits devant la Cour d’Assises. Ce rapport, a-t-il indiqué, comprendra des analyses par des laboratoires spécialisés britanniques faites sur les conclusions des professionnels locaux en matière médico-légale, des témoignages, pour la plupart enregistrés par des affidavits, émanant des personnes que les enquêteurs n’ont pas daigné interroger. L’étude sera présentée en grande pompe lors d’un symposium le 27 juin prochain, au Gymkhana Club de Port-Louis.
Me Teeluckdharry et les autres intervenants ont fait ressortir qu’aucun système judiciaire n’est infaillible. Selon eux, la pression populaire est telle après un acte barbare que la police s’empresse de trouver des accusés. L’avocat susnommé cite volontiers l’affaire Michaela Harte à cet effet.