Pas moins de 28 coupures, soit 17 dans le dos et 11 devant, ont été relevées sur le t-shirt que portait Hélène Lam Po Tang au moment de son agression mortelle. Ce constat a été effectué par le constable Yashin Chady, du Scene of Crime Office (SOCO — Western Division). Ce dernier, qui avait prélevé des empreintes digitales de la victime peu après l’autopsie, effectuée le 15 octobre 2010, a produit en cour de Pamplemousses hier tous les vêtements que portait Hélène Lam Po Tang au moment de son décès, à savoir un t-shirt de couleur bleu foncé, une jupe en Jeans et des sous-vêtements. Le témoin a été invité par l’avocat de la défense, Me Rama Valayden, à compter le nombre de coupures et de trous sur chaque pièce de vêtements. Autre témoin entendu hier : le Forensic Technologist Vikash Ramessur, du Forensic Science Laboratory (FSL). Il avait effectué des tests sur les lieux du crime le 15 octobre dernier dans le but d’identifier du sang.
En début de séance d’hier, le constable Chady, qui était interrogé par Me Nataraj Mooneesamy du State Law Office (SLO), a produit quatre pièces de vêtements que portait Mme Hélène Lam Po Tang en faisant ressortir qu’il avait prélevé des empreintes digitales de la victime après l’autopsie. Le témoin a ensuite été soumis à un contre-interrogatoire serré de la part de Me Valayden, durant lequel, il a été invité à relever le nombre de coupures et de trous sur les vêtements qu’il a produits en cour. Ci-dessous les temps forts de ce contre-interrogatoire relatif aux vêtements produits en cour par le constable Chady. Les questions sont de Me Valayden.
Q : Vous avez produit quatre pièces à conviction aujourd’hui. Attrapez le premier vêtement, le t-shirt bleu (NdlR : À ce stade, le témoin est requis de porter une paire de gants). Combien de coupures (Slashes) pouvez-vous compter devant ?
R : 12
Q : Combien y en a-t-il dans le dos ?
R : 17.
Q : Avez-vous obtenu de petits morceaux de tissus du Dr Gungadin après l’autopsie ?
R : Non.
Q : Dites à la cour où sont la majorité des Slashes ?
R : Dans le dos. Il y en a 17.
Q : Où se situent les plus gros trous ?
R : Au milieu.
Le témoin est ensuite invité à examiner, de la même manière, un deuxième vêtement, à savoir un soutien-gorge.
Q : Où se trouve la coupure sur ce vêtement ?
R : Sur le côté gauche, en haut et à droite. Il y a un trou d’environ trois centimètres sur le côté gauche.
Q : Y a-t-il un bout cassé sur ce vêtement ou pas ?
R : Oui.
Q : Où est l’autre bout ?
R : Il est attaché. En fait, le bout qui semble cassé a été coupé en ma présence au moment de l’autopsie.
Q : Qu’est-il arrivé à l’autre strap ?
R : It would seem that it was cut at the autopsy.
Q : Pouvez-vous voir des apparent blood stains sur ce soutien-gorge ?
R : Oui.
Q : Pouvez-vous en dire de même sur le t-shirt ?
R : Oui. Je peux voir des traces de sang apparentes sur le soutien-gorge et le t-shirt.
Q : Sur le t-shirt, où pouvez-vous voir du sang ?
R : Sur toute la partie.
À ce stade, le constable Chady est appelé à examiner un troisième vêtement, à savoir la jupe en jean que portait Mme Lam Po Tang.
Q : Pouvez-vous voir du sang sur la partie avant de ce vêtement ?
R : Oui. Au milieu, devant et aussi à l’arrière.
Q : Pouvez-vous dire à la cour ce qu’est le gros trou que vous pouvez voir à l’avant de la jupe ?
R : Je peux seulement dire que je vois un gros trou à la droite devant et à l’arrière de la jupe.
Le dernier vêtement examiné par le témoin est une culotte. À ce propos, le constable Chady a souligné qu’il ne voyait aucune trace de sang sur celle-ci.
Auparavant, il avait été appelé à expliquer sa participation à l’enquête policière, notamment eu égard au prélèvement d’empreintes digitales de la victime, juste après l’autopsie.
Q : Avez-vous consigné une déposition au sujet de la présente affaire le 16 mars 2011 ?
R : Oui.
Q : Est-ce correct de dire que vous n’avez pas mentionné le fait que vous avez prélevé des empreintes de la victime dans votre Statement ?
R : Oui. Après l’autopsie, nous avons l’habitude de prendre l’empreinte et d’en faire un Record dans le Fingerprint Despatch Book.
Q : Avez-vous donné le record des empreintes à une personne en particulier ?
R : Oui, au Crime Records Office (CRO).
Q : Cette présente affaire est un Murder Case. Savez-vous à qui vous avez donné ces records ?
R : To the person in charge.
Q : Quel est son nom ?
R : Je ne m’en souviens pas.
Q : Quand avez-vous remis le print-out des empreintes au CRO ?
R : Le 16 octobre 2010.
Q : Quel jour était-ce ?
R : Je ne m’en souviens pas.
Q : Par quel moyen de transport avez-vous voyagé pour vous rendre du SOCO aux Casernes centrales ?
R : Dans un véhicule du SOCO.
Q : Qui conduisait ?
R : Je ne m’en souviens pas.
Q : Était-ce le matin ou l’après-midi ?
R : Je ne m’en souviens pas.
Q : Savez-vous que le 16 octobre était un samedi et que le SOCO ne travaille pas les samedis après-midi ?
R : Oui.
Q : Après l’autopsie de la victime le 15 octobre 2010, en compagnie de M. Salabee, avez-vous prélevé des empreintes digitales ?
R : Oui.
Q : Celle de la main gauche ou droite ?
R : Oui les deux.
Q : Paume gauche ou droite ?
R : Oui. Les deux.
Q : Avez-vous lavé la main de la victime avant de procéder à la prise d’empreinte ?
R : J’ai utilisé du coton afin de nettoyer le doigt.
Q : Parce qu’il y avait du sang dessus ?
R : Oui.
À d’autres questions de la défense quant aux personnes présentes à l’autopsie, le témoin a fait état de celle d’une photographe de la police, à savoir Mme Bhunjun du SOCO.
Q : À part vous, le Dr Gungadin, Mme Bhunjun, dont nous venons d’apprendre sa présence sur place, l’Assistant-surintendant Beefye, le sergent Salabee, qui d’autre a assisté à l’autopsie ?
R : Le sergent Ramnarain, le sergent Salabee et le constable Mewah.
Autre témoin à être entendu hier, le Forensic Technologist, Vikash Ramessur, affecté au FSL. Lors de son Examination in Chief par Me Mooneesamy, il a lu et produit son rapport en date du 10 mars 2010. A ce propos, M. Ramessur a présenté ses excuses en cour car le rapport en question aurait dû être daté du 10 mars 2011 et non 2010. Il a rédigé ce rapport des suites de l’examen des quatre chambres de la maison de la victime, des toilettes et de la cuisine le 15 octobre 2010, soit le jour de la découverte du corps. Il a expliqué en cour que son rôle était « to assist the SOCO personnel to look for any possible bloodstains at the scene of crime ».
Lors de son contre-interrogatoire par Me Valayden, le témoin a expliqué son rôle de Forensic Technologist. Il a fait ressortir qu’il était seulement affecté à rechercher des traces de sang et non pas à d’autres indices. « I had to detect the presence of any blood in the items of the house. For this I carried out a presumptive test named Kestlemeyer test, which means that it indicates the presence of presumptive blood ». Le contre-interrogatoire de M. Ramessur se poursuivra jeudi prochain. Il lui a été demandé d’apporter les notes qu’il avaient prises sur les lieux du crime.