Le contre-interrogatoire du Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Sudesh Kumar Gungadin, relativement au meurtre de Hélène Lam Po Tang, a pris fin en cour de Pamplemousses hier. Me Rama Valayden, Leading Counsel assurant la défense du meurtrier présumé Sanjeev Nunkoo, en a profité pour revenir sur les « confidences » au médecin légiste en date du 2 novembre 2010. La magistrate Maryse Panglose-Cala a « ruled out » hier une question de la défense sur la confidentialité des « révélations» de Sanjeev Nunkoo.
Après avoir contradictoirement interrogé le Dr Gungadin au sujet de plusieurs aspects relatifs aux blessures relevées à l’autopsie sur le corps de Hélène Lam Po Tang, Me Valayden, Leading Counsel, s’est appesanti sur la rencontre du 2 novembre 2010 entre le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste et Sanjeev Nunkoo, meurtrier présumé. Durant celle-ci, qui s’était déroulée à l’hôpital Victoria à Candos, le Chief Police Medical Officer (CPMO) avait examiné l’accusé et relevé des blessures sur lui. Ci-dessous l’extrait du contre-interrogatoire portant sur cet aspect.
Q : Vous avez dit la dernière fois en cour que vous êtes en premier lieu un médecin et ensuite un médecin légiste ?
R : Oui.
Q : Quand M. Nunkoo était venu se faire examiner, était-il en compagnie de M. Jokhoo ? (NdlR : inspecteur Ranjit Jokhoo de la MCIT)
R : Oui.
Q : Savez-vous combien d’officiers de police avaient accompagné M. Jokhoo ce jour-là ?
R : Non.
Q : La « confidence » que vous a faite M. Nunkoo vous a-t-elle été donnée en tant que médecin ?
R : Oui.
Q :
Because it was given to you as a doctor, when M. Nunkoo made some « confidences » to you, did you at that time give him any warning ?
R : There is no need for me to warn any patient about anything as I am not an investigating officer.
Q : Vous serez d’accord avec moi que n’importe quoi entre un patient et son médecin est strictement confidentiel ?
À ce stade, Me Nataraj Mooneesamy objecte. « Prosecution fails to see the relevance of this question. Firstly, the evidence has already been ushered in court without objection from the Defence Counsel. Secondly, when we talk about matters of confidentiality, we are talking about confidentiality between a treating doctor and his patient and in this particular case, the court is already aware that we are dealing with a different scenario. In other words, the relation between a Police Medical Officer and an accused party in this case », souligne-t-il.
Me Valayden rétorque alors que la question était la suivante : « Whether something said between doctor and patient was in strict confidentiality. I am not even coming to that matter. »
Dans son « ruling », la magistrate Panglose-Cala a rejeté la question de la défense, soutenant que celle-ci n’avait pas objecté quand le Dr Gungadin avait fait état des « révélations » de l’accusé. « It is too late now to raise the point as the answer is already on record. The question of Defence Counsel is set aside. You allowed it to carry on. There is no need for it now. Apre la mort, la tisane… »
Me Valayden a alors de nouveau fait ressortir qu’il ne comptait pas contester ces « confidences », mais que celles-ci avaient été obtenues par coercition. « My point is that the accused has been coerced to say things to the doctor », a-t-il affirmé.
L’avocat de la défense a alors repris son contre-interrogatoire sur ce point.
Q : Do you know whether the accused has been coerced before talking to you ?
R : No.
Q : Savez-vous si l’accusé vous a aussi dit ce jour-là que les blessures qu’il avait sur le corps provenaient d’une tentative de suicide alors qu’il était en détention policière ?
R : Non.
Q : For the parallel linear abrasion you describe in your report of his injuries, can you confirm that this is not older than one week ?
R : Je l’ai dit la dernière fois que ces blessures remontaient à plus de dix jours.
Q : Savez-vous que la veille, l’accusé avait été vu par un docteur et qu’il vous a dit la même chose ?
R : I am not aware of this.
Auparavant, le Dr Gungadin a répondu à d’autres questions relatives aux blessures relevées sur le corps de Mme Lam Po Tang à l’autopsie.
Q : En fonction des blessures relevées sur le corps de la victime, pouvez-vous dire si le meurtrier était un gaucher ou un droitier ?
R : Non, je ne peux confirmer.
Q : Dans votre rapport, vous décrivez une forme de blessure triangulaire au niveau de la hanche. Pouvez-vous dire quel type d’arme infligerait ce type de blessure ?
R : This injury can be produced either by the body hitting a hard surface or a blunt object hitting this area of the body.
Q : Avez-vous vu la tige noire ?
R : Oui.
Q : La tige noire que vous avez vue peut-elle infliger ce genre de blessure ?
R : Oui c’est possible.
Q : En regardant votre rapport dans sa globalité, peut-on dire que la majorité des blessures décelées sur la victime sont sur le côté gauche du corps ?
R : Oui.
Q : Avez-vous vu le tapis sur lequel gisait le corps ?
R : Oui.
Q : Did you also see a pool of blood ?
R : There also was a pool of blood.
Q : Par expérience, pouvez-vous nous donner des indications sur la quantité de sang perdue par Mme Lam Po Tang ?
R : Blood was found by the side of the victim as well as on the carpet. It is difficult to estimate the amount of blood lost, as a large amount of it was soaked by the carpet.
Q : Avant que le corps ne commence à devenir rigide (rigor mortis), peut-on dire que le corps humain est malléable ?
R : Yes, because there is the primary placidity of the body before rigor mortis starts.
Q : Dans le cas présent, avant que le corps ne commence à se raidir, peut-on dire qu’au moins quatre heures s’écoulent ?
R : À mon avis non.
Q : Combien d’heures ?
R : Ceci est une mort violente. Rigor mortis will start early, maybe less than two hours.
Q : Quelle est la marge d’erreur ?
R : Entre 30 minutes et une heure.
Q : Donc, on peut alors parler d’un bracket de deux à trois heures ?
R : Oui.
Q : Entre l’heure de la mort et le minimum de deux heures, l’agresseur aurait-il pu bouger le corps de façon à dérouter tout un chacun sur ce qui s’est passé ?
R : La position du corps peut changer ainsi que la position des mains et des jambes, before rigor mortis starts settling in.
Par la suite, Me Valayden interroge le témoin sur les vêtements que portait la victime.
Q : Il y avait des trous dans la jupe de la victime. Pensez-vous que ces trous auraient pu être causés par une paire de ciseaux ?
R : Je ne pense pas que la jupe avait des trous. Je dois voir.
Q : There was a rhombus type of hole. Do you remember seeing that ?
R : I have to see the skirt first.
En attendant que la jupe soit retrouvée parmi les « exhibits », Me Valayden a recherché d’autres réponses du témoin.
Q : Comment expliquez-vous que le sang de la victime a été retrouvé un peu partout, notamment dans la cour près du portail, dans le couloir, sur les murs, etc ?
R : Je ne sais pas. C’est possible que des personnes qui étaient en contact avec le corps aient transporté ce sang à d’autres endroits à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.
Q : When somebody is receiving a stab wound in his or her back, will the blood spill or travel to the wall ?
R : If the body is clothed, the possibility of blood to spill around will be less. While removing the weapon out of the body, blood can spill to other areas with the movements of the hand of the assailant.
Q : Is it the dynamic of stabbing that can cause blood to spill ?
R : It can be called like that.
Après une courte interruption de séance, la jupe de la victime est montrée au témoin, qui identifie positivement deux trous, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière. Répondant à une question sur le haut que portait Mme Lam Po Tang et les trous qu’ils comportent, le médecin légiste a souligné qu’une arme pointue aurait pu les causer.
Les travaux de l’enquête préliminaire se poursuivent le lundi 19.