La séance d’audition du jour dans le cadre de l’enquête préliminaire du meurtre d’Hélène Lam Po Tang a été marquée par de sévères critiques de la magistrate Maryse Panglose-Kala contre les méthodes et procédures adoptées par la police lors de cette enquête. Le principal témoin du jour, le sergent Jajcoomar Ramnarain, premier officier de police sur les lieux du crime, a fait état de la teneur d’une conversation téléphonique qu’il avait eue avec Gary Lam Po Tang le 15 octobre 2010.
Dans sa déposition en Cour ce matin, le sergent Ramnarain a passé un mauvais quart d’heure écopant des remarques et critiques de la Cour quant au déroulement de l’enquête sur le meurtre d’Hélène Lam Po Tang. Il a expliqué qu’il avait été un des premiers policiers à se rendre sur les lieux du crime le 15 octobre de l’année dernière après la découverte du cadavre de la victime.
Le sergent de police a confirmé à la Cour que les lieux du crime, le domicile des Lam Po Tang à l’avenue des Rosiers au Morcellement Swan à la Baie-du-Tombeau, avait été placés sous le contrôle de la police du 15 au 17 octobre 2010. Néanmoins, le 19 octobre de l’année dernière, des limiers de la police devaient effectuer une descente des lieux en vue de procéder à la saisie de dix couteaux, qui se trouvaient dans la cuisine.
Cette séquence des événements a suscité des interrogations sévères de la magistrate siégeant au tribunal de Pamplemousses. « Comment est-ce possible ? La police décide de remettre les lieux du crime aux occupants de la maison alors que toutes les procédures n’avaient pas été complétées pour les besoins d’enquête ? Les suspects potentiels auraient bien pu intervenir pour éliminer des preuves », a-t-elle affirmé.
L’officier de police a soutenu qu’il ne faisait pas partie de l’équipe des enquêteurs et que les instructions émanaient du surintendant de police de la région. En début de déposition, le sergent Ramnarain a révélé qu’en arrivant sur les lieux du crime pour la première fois le 15 octobre 2010, il avait rencontré le beau-frère et la soeur de la victime.  À un certain moment, le beau-frère était en conversation téléphonique avec l’époux de la victime, Gary Lam Po Tang, qui se trouvait en République populaire de Chine.
La conversation se déroulait au moyen du téléphone fixe se trouvant au domicile des Lam Po Tang. L’officier de police a été invité par le beau-frère à s’entretenir avec Gary Lam Po Tang. « Missié Lam Po Tang ine dir mwa guetté ki kapav fer. Amène li klinik », a ajouté le sergent en Cour.
L’audition des témoins dans l’enquête sur le meurtre d’Hélène Lam Po Tang, avec, entre autres, l’interrogatoire annoncé du Chief Police Medical Officer, le Dr Kumar Gungadin, reprendra la semaine prochaine.