Poursuivi sous une charge de « aiding and abeiting the author of a crime » dans le cadre du meurtre d’Hélène Lam Po Tang dont le cadavre avait été découvert le 15 octobre 2010 dans sa maison à Baie-du-Tombeau, Sanjeev Nunkoo a comparu devant les Assises ce matin. Le juge Benjamin Marie-Joseph a écouté les arguments des avocats de la poursuite et de la défense au sujet de la motion de remise en liberté conditionnelle logée par l’accusé, qui est en détention depuis le 28 octobre 2010.
L’ASP Luciano Gérard de la MCIT a été appelé à la barre des témoins pour soutenir les trois grounds of objection de la poursuite : le risque que Nunkoo interfère avec d’autres témoins, le risque qu’il prenne la fuite, et pour sa propre sécurité. L’ASP Gérard affirme que la police appréhende qu’il ne comparaisse pas en Cour une fois en liberté car une charge grave, celle de meurtre, pèse sur lui. De plus, selon le témoin, l’accusé aurait à un moment soutenu qu’il allait se suicider. Répondant aux questions du représentant de la poursuite, Me Denis Mootoo, le policier a dit que l’accusé est une personne « très rusée » qui pourrait utiliser divers moyens pour quitter le pays et se rendre en Inde, là où il avait fait ses études. Il a en outre souligné que Nunkoo avait changé de versions plusieurs fois à la police et n’était pas consistant. Me Mootoo a aussi indiqué à la Cour que la charge contre l’accusé avait été déjà logée et que le procès pourrait prendre sur fond.
Appelé à la barre des témoins, Sanjeev Nunkoo a martelé à deux reprises qu’il était innocent dans cette affaire et n’avait tué personne. Il a soutenu qu’il n’avait pas intérêt à s’enfuir s’il obtient la liberté conditionnelle car il est important pour lui de laver son honneur et celui de sa famille. Interrogé sur les trois points d’objection avancés par la poursuite, il a nié avoir déjà parlé de suicide et a soutenu que s’il obtient la liberté, il vivra chez son père car il n’a personne d’autre.
Lors de sa plaidoirie, l’avocat de Nunkoo, Me Valayden, a une fois de plus évoqué l’heure du décès d’Hélène Lam Po Tang, un aspect qui a été longuement contesté lors de l’enquête préliminaire. Me Valayden a rappelé que selon la police, le couteau utilisé pour tuer Hélène Lam Po Tang avait été acheté à 14 h 30 le 14 octobre alors que selon le rapport d’autopsie Hélène Lam Po Tang est décédée vers 2 h du matin. L’homme de loi a soutenu que la police a confirmé elle-même qu’en quatre ans d’enquête, elle n’a toujours pas mis la main sur le meurtrier et que la Cour ne peut priver Sanjeev Nunkoo de sa liberté, citant à cet effet les articles V et X de la Constitution.
La défense a par ailleurs attiré l’attention sur le fait qu’elle attend toujours certains documents réclamés à la poursuite sur le rapport d’autopsie et l’heure du décès et que cela pourrait retarder le procès. Me Valayden soutient en outre que ce n’est pas parce que l’accusé est un diplômé qui a étudié en Inde qu’il est nécessairement « rusé » et compterait s’enfuir. L’avocat a enfin évoqué la radiation des charges contre les deux autres suspects, Gary Lam Po Tang et Ah Kim Chue Kee Chung. Le juge fera connaître sa décision ultérieurement.