Le procès dans l’affaire de l’agression du Dr Krishan Malhotra après sa déposition en Cour mercredi a repris hier avec l’audition du Laboratory Technician de la clinique MedPoint Hosany Roopnarain. Dans sa déposition, le Dr Malhotra a soutenu que les proches de Hazareesing avaient agi de façon violente avec le Laboratory Technician. Ce dernier a relaté l’incident en Cour et a précisé « qu’il n’y avait eu aucune menace ». Le “case for the defense” a par ailleurs été fixé pour le mois d’août, mois durant lequel les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo devraient rendre leur jugement.
Lors de son témoignage en Cour intermédiaire devant les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo mercredi, le Dr Krishan Malhotra est revenu sur les événements précédant son agression le 12 mars 1998. En relatant les faits, plus précisément les raisons qui auraient poussé la famille Hazareesing à avoir une dent contre lui, il a affirmé que le père de Kissunkumar Hazareesing était un patient de la clinique MedPoint. Il souffrait de plusieurs complications et il était à un moment question de procéder à une opération des poumons. Selon le Dr Malhotra, c’est sur ce point que la famille du patient était désaccord avec la clinique. La clinique MedPoint était pour l’opération de Jugdish Hazareesing, alors qu’un deuxième avis d’un autre médecin avait indiqué que ce genre d’opération comportait plusieurs risques et uniquement 50 % de chance de réussite. Lors de son témoignage, le Dr Malhotra a indiqué que tout était prêt pour l’opération et que c’est le jour où elle devait avoir lieu que la famille Hazareesing a demandé de tout arrêter. L’opération n’a pas eu lieu.
Jugdish Hazareesing avait par la suite été transféré à la Clinique Mauricienne. Dans sa déposition, le Dr Malhotra avait à un moment indiqué que quelque temps après, les proches de Jugdish Hazareesing étaient revenus à la clinique MedPoint pour demander le sang qui avait été réservé pour le patient le jour de l’opération. Mais selon les procédures, le sang n’appartient ni à la clinique ni au patient et avait été retourné à la Banque de sang car il n’avait pas été utilisé. Le Dr Malhotra avait soutenu que les proche de Jugdish Hazareesing s’étaient comportés de façon violente avec le Laboratory Technician.
En Cour hier, Hosany Roopnarain est venu déposer. Il a confirmé que deux membres de la famille Hazareesing étaient venus le voir pour s’enquérir du sang qui avait été réservé pour l’opération de Jugdish Hazareesing. Il leur aurait fait comprendre que le sang avait déjà été retourné à la Banque de sang.
Lors du premier procès en 2000, Hosany Roopnarain avait pu identifier ces deux personnes en Cour. Il s’agissait effectivement de deux proches de Jugdish Hazareesing et la Cour les avait identifiés comme Roshan et Vijay Hazareesing. Le Laboratory Technician a indiqué ne pas se souvenir des détails de cette rencontre mais devait confirmer qu’« il n’y avait aucune menace de la part de ces deux personnes ». « Tou ti pass dan lord, mo finn explik zot ki monn fini retourn disan la, samem tou », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, la poursuite, représenté par Me Nataraj Moonesawmy, présentera son dernier témoin le 3 juillet. Le “case for the defense” a été fixé pour le mois d’août. L’audition des témoins de la défense devrait durer une semaine, après quoi les deux parties feront leurs plaidoiries. Les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo devraient rendre leur jugement le même mois. Rappelons que dix ans après les faits, soit le 21 août 2008, le magistrat Pritviraj Fekna (NdlR : maintenant juge) de la cour intermédiaire avait condamné Neerunjun Ramdin et Kissunkumar Hazareesing à six ans de prison chacun. Le 10 décembre 2010, les accusés ont fait appel du jugement devant la Cour suprême. Ramdin et Hazareesing ont donné 21 voies de recours pour contester le jugement de la Cour intermédiaire. Ils ont notamment affirmé ne pas avoir eu un fair trial. Les juges Asraf Caunhye et Nirmala Devat ont statué qu’il y avait des irrégularités dans le procès en nommant les articles 10 (1), 10 (2), 10 (3), 10 (9) et 82 de la Constitution. La sentence de six ans de prison a été annulée par la Cour suprême qui a ordonné « a fresh hearing of the charges by a differently constituted bench of the Intermediate Court ».