Le procès intenté à la MCB dans l’affaire de détournement de Rs 881,6 millions aux dépens de la National Pensions Fund (NPF), s’est poursuivi hier avec le contre-interrogatoire du Fraud and Risk Manager de la banque. Longuement interrogé, Clifford Allet a avancé que « Robert Lesage avait commis plusieurs irrégularités » de 1989 à 2002, et « avait octroyé Rs 75 M de prêts non-autorisés ». Par ailleurs, il a indiqué que de 1992 à 2003, la MCB avait essuyé quelque 17 cas de fraude, qui n’ont pas été rapportés à la Banque de Maurice.
Le procès intenté à la Mauritius Commercial Bank (MCB), représenté par le Fraud and Risk Manager, Clifford Allet, s’est poursuivi hier avec un long contre-interrogatoire de l’avocat de la Poursuite, Me Rashid Ahmine. Les questions ont porté sur les fraudes perpétrées à la banque et sur le rôle de Robert Lesage dans ce contexte. Dès le début du contre-interrogatoire qui porte sur l’auteur présumé de ce détournement, Clifford Allet avance : « La fraude a été perpétrée par Robert Lesage. Il a commencé ces irrégularités depuis 1989, qui se sont poursuivis jusqu’en 2002».
Autre aspect abordé: le fait que Robert Lesage soit resté au sein de la compagnie alors qu’il aurait dû prendre sa retraite. Questionné, Clifford Allet a répondu que c’est le Top Management, soit Pierre Guy Noël, General Manager de la MCB, et Philippe Forget, ex-Assistant General Manager de la banque, qui ont autorisé Robert Lesage à rester à la MCB après sa retraite. Dès lors, Robert Lesage avait certains dossiers sous sa responsabilité jusqu’en janvier 2003.
Le Fraud and Risk Manager de la MCB a mis en exergue que depuis 1989 Robert Lesage avait commencé à octroyer des prêts non-autorisés à certaines personnes. Il était alors General Manager d’une ancienne entité, la MCB Finance Corporation. Les prêts non autorisés octroyés s’élèvent à Rs 75 M, selon Clifford Allet. « Depuis que Robert Lesage est entré à la banque en 1961, il a occupé plusieurs postes et avait une influence considérable à la banque. Il connaissait ses rouages et a abusé de la confiance du personnel qui le prenait pour un employé modèle à l’époque », invoque-t-il. Ce dernier a souligné qu’il aurait été difficile pour le système de contrôle interne de détecter ce cas de fraude s’il y a eu connivence entre un employé et un client.
Interrogé sur d’autres cas de fraude perpétrés au sein de la MCB, Clifford Allet a relaté que « 16 ou 17 cas ont été enregistrés entre 1992 et 2003». Parmi, celui de Christian Azor, un chef de département qui avait subtilisé des chèques d’intérêts des clients et avait faussé les signatures, entre septembre 2001 et juillet 2002. Clifford Allet a affirmé que Christian Azor s’était lui-même dénoncé. Poursuivi par l’ICAC, il avait dû s’acquitter d’une amende de Rs 450 000. Clifford Allet a toutefois relevé que « de nombreux cas de fraude n’ont pas été rapportés à la Banque de Maurice » car « personne n’était au courant puisque la lettre faisant état des directives de la Banque de Maurice à ce sujet, était restée dans le tiroir de l’ancien General Manager », soutient-il.
D’autre part, Me Ahmine a confronté Clifford Allet aux correspondances de Robert Lesage avec la NPF.