Suite aux débats qui ont eu lieu devant le Judicial Committe du Privy Council hier, mardi 15 janvier, concernant le jugement d’acquittement de Pravind Jugnauth dans le scandale MedPoint, le spectre du 50/50 règne sur la décision finale des Law Lords. Tout peut arriver.

À Maurice, nombreux ont suivi l’affaire, décortiquant les divers arguments et les points abordés par les intervenants. Si certains restent optimistes quant à un verdict favorable à Pravind Jugnauth, d’autres optent pour l’attente avant de tirer des conclusions, ou encore sont d’avis que le Premier ministre se fera épingler par le Privy Council. « Pravind Jugnauth ne peut pas s’en sortir dans cette histoire », estime pour sa part Jack Bizlall, syndicaliste.

La séance devant le Privy Council a commencé à 14h30 et a connu plusieurs tournures non attendues, notamment l’approche de la défense, ou encore les clarifications qui ont fait pencher la balance des deux côtés. Elle a été surtout marquée par l’interprétation de l’intérêt personnel dans toute cette affaire, ou encore l’argument de « absolute prohibition » qu’a brandi la poursuite.

« Les débats étaient très intéressants sur le point juridique. La décision des Law Lords aura certainement un impact sur le paysage politique de Maurice. Les Law Lords sont conscients de l’importance de ce jugement pour notre île et ont très bien cerné toutes les questions d’appel. Toutefois, celle qui entre en jeu mène à savoir s’ils sont d’accord avec la plaidoirie de Clare Montgomery, qui avance qu’il n’y a pas eu d’intérêt personnel sur le rachat de MedPoint », commente Reza Uteem, président du MMM.

Pour Jack Bizlall, la perception de corruption et la « bonne foi » ne joueront pas en la faveur du Premier ministre. « Je me suis déjà présenté devant le Privy Council dans les années 80′ et c’est un tribunal composé de cinq à six Law Lords qui reçoivent tous les documents et arguments en avance », explique-t-il.

« La loi sous laquelle Pravind a été jugé et trouvé coupable a été respecté par le Cour intermédiaire. De plus, Pravind est avocat et ne peut de bonne foi être protégé par certains principes, qui protègent les illettrés sous l’Equity Law », a-t-il indiqué.