Le leader du MSM a promis de dire toute la vérité sur la vente de MedPoint, lors du congrès de son parti organisé hier au centre social de Mahébourg. « Je dirai ce qu’il faut ! La population doit connaître la vérité et la vérité doit être connue sur cette affaire », a lancé Pravind Jugnauth, qui estime que l’Independent Commission Against Corruption « tergiverse sur sa convocation ». « Danse kot ou (NdlR : ICAC) ler danser, si ou pas appel mwa, mwa mo pou vinn dir… » Le chef du parti Soleil a aussi réclamé la démission des ministres Rashid Beebeejaun et Rajesh Jeetah.
« MedPoint est une affaire planifiée pour la mettre sur notre dos », a déclaré, convaincu, Pravind Jugnauth. Le leader du MSM a reproché au Premier ministre d’avoir évoqué le « clan Jugnauth ». « Kan ti fer l’alliance pa ti ena clan Jugnauth ! »
Le chef du parti Soleil s’en est aussi pris au ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah, qui « s’est permis de critiquer » le président de la République. « N’a-t-il pas honte de s’attaquer ainsi à sir Anerood Jugnauth ? Lui qui ne mérite aucune médaille ! Jeetah ignore l’image qu’a SAJ à Maurice et à l’étranger, les principes qu’il défend et ce qu’il a fait pour le pays. »
Lorsque Paul Bérenger a commencé à dénoncer l’affaire MedPoint, a soutenu Pravind Jugnauth, « Nita Deerpalsing est venue déclarer que c’était immoral, Patrick Assirvaden que c’était contre l’éthique et Cader Sayed Hossen que c’est l’affaire du MSM et que c’est embarrassant pour le gouvernement ». « Premie minis dir ki l’ICAC indépendant. Mo lé gueter ki kantité sa commission la indépendant. »
Le leader du MSM a renouvelé son défi lancé à Navin Ramgoolam, qui est de savoir comment il avait pris connaissance du nom de la personne révélé en toute confidentialité par Paul Bérenger à l’ICAC. Pravind Jugnauth a rappelé que dès le début de l’enquête, les enquêteurs de la commission anticorruption sont venus à son bureau pour saisir tous les documents ayant trait d’une manière ou d’une autre à l’affaire MedPoint. « Comment expliquer qu’un document que j’ai signé le 23 décembre a été publié dans un journal du matin ? » s’est-il demandé.
Poursuivant ses critiques contre l’ICAC, Pravind Jugnauth s’est étonné que quand il a mentionné les noms des ministres Jeetah et Beebeejaun, la commission anticorruption a émis un communiqué pour demander de ne pas parler de MedPoint alors que toutes les dépositions faites pendant huit mois ont été rapportées dans la presse.
L’enquête de MedPoint, a soutenu le leader du MSM, a commencé par « la queue ». « L’ICAC commence par derrière … » Selon lui, Rajesh Jeetah, qui était ministre de la Santé au moment du lancement de l’appel d’offres pour l’acquisition d’un bâtiment, savait ce qu’il faisait. « Quant à Navin Ramgoolam, qui a dit qu’il serait intransigeant contre la fraude et la corruption, il fait tout le contraire ! »
Pravind Jugnauth a dans le même souffle formulé des accusations contre Rashid Beebeejaun, Deputy Prime Minister et ministre des Services publics, dans l’affaire MedPoint. À ce sujet, il a annoncé qu’après être passé en première vitesse, il passera graduellement en 2e, 3e, 4e et 5e vitesse et révélera dans les détails les implications des deux ministres – Beebeejaun et Jeetah – dans le scandale du siècle.
Le leader du parti Soleil a aussi rappelé que le Premier ministre avait lui-même reconnu les compétences de l’ancienne ministre de la Santé et a souligné que Maya Hanoomanjee n’avait rien à faire avec MedPoint. M. Jugnauth a révélé avoir personnellement demandé à Navin Ramgoolam de ne pas aller de l’avant avec l’appel d’offres.
Pour sa part, a poursuivi Pravind Jugnauth, Maya Hanoomanjee avait déjà demandé au Premier ministre d’annuler la soumission de MedPoint pour l’appel d’offres concernant l’achat d’un bâtiment en même temps que celle d’un autre soumissionnaire.
Selon Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam lui aurait dit de ne pas s’inquiéter et qu’il irait de l’avant. Le leader du MSM a affirmé que si l’ICAC le convoque, il dira tout ce qu’il sait sur l’affaire MedPoint. « J’ai encore plus à dire sur le Premier ministre et les autres ministres », a-t-il lancé avant de demander aux ministres Beebeejaun et Jeetah de « step down ». « La population doit connaître toute la vérité sur MedPoint. » Il est aussi revenu sur des arguments avancés précédemment soutenant que « si les députés du MSM ont été élus avec le vote travailliste, le contraire est aussi vrai et, par conséquent, ils devraient rendre leur vote au peuple, qui devra décider de leur avenir ».
Mahen Jhugroo, député de la circonscription Mahébourg/Plaine-Magnien (No 12) qui a présidé le congrès hier, a affirmé que d’ici décembre il y aurait des développements majeurs dans le pays. De son côté, l’ex-ministre du Tourisme Nando Bodha a déploré avoir attendu en vain pendant 15 mois un rendez-vous avec Navin Ramgoolam pour discuter de l’accès aérien. Le député de la circonscription de Vacoas/Floréal (No 16) a accusé le Ptr d’avoir paralysé le pays en raison de sa lenteur. Il a cité le cas de son ministère où tous les corps para-étatiques tombant sous sa responsabilité n’avaient pas de président.
À son arrivée au Tourisme, a rappelé Nando Bodha, « 2 400 dossiers relevant de la Tourism Authority n’avaient pas été traités ». Il a estimé que Vasant Bunwaree méritait le portefeuille des Finances et que Patrick Assirvaden, en tant que président du Ptr, devait aussi avoir un portefeuille ministériel.
Sheila Grenade, pour sa part, a estimé que c’est à Mireille Martin de présenter des excuses à Pravind Jugnauth, qui l’a présentée comme candidate du MSM à deux reprises.