Le procès intenté à Pravind Jugnauth pour conflit d’intérêts dans l’affaire MedPoint a été pris sur le fond ce matin en Cour intermédiaire devant les magistrats Niroshini Ramssondar et Azam Neerooa. Après la déposition d’un Senior Officer de l’État civil, la Cour a entendu le Main Enquiring Officer de l’ICAC dans cette affaire, Prenauth Aleear. Il a ainsi produit et lu les dépositions du ministre Pravind Jugnauth ainsi que plusieurs autres documents relatifs à l’achat de la clinique MedPoint en décembre 2010. Lors du contre-interrogatoire mené par les avocats de la défense, Mes Ravin Chetty et Raouf Gulbul, ces derniers se sont intéressés aux e-mails échangés entre le ministère de la Santé et la direction de la clinique MedPoint entre janvier et mars 2010, soit avant les élections, pour la mise sur pied de l’hôpital gériatrique.
Lors de l’interrogatoire du principal enquêteur par l’homme de loi de l’ICAC Me Kaushik Goburdhun, le témoin a produit la première déposition de Pravind Jugnauth qu’il avait lui même rédigée le 22 septembre 2011. Il faisait là état de ses fonctions quand il a pris les fonctions de ministre de Finance et de ses droits de se défendre de la charge qui pèse sur lui. Le 26 septembre 2011, il avait été une fois de plus convoqué dans les locaux de l’ICAC et avait fait ressortir dans sa déposition que sa défense reposait entièrement sur les cabinets papers qu’il avait demandé à avoir. Le témoin a par ailleurs produit plusieurs autres documents relatifs à l’achat de la clinique MedPoint. Le 10 mars 2010 il avait été décidé que Rs 75 M allaient être déboursées pour le projet de l’hôpital gériatrique et qu’il serait financé par les fonds de la Loterie Nationale. Lors du contre-interrogatoire mené par Me Ravin Chetty, ce dernier a tenu à informer la Cour qu’il avait fait une demande auprès de la Poursuite pour obtenir certains documents au sujet des procédures pour l’achat de la clinique MedPoint et que la poursuite les lui avait fait parvenir. L’avocat de Pravind Jugnauth devait le confronter au fait que dans sa déposition ce dernier avait cité comme témoin Nando Bodha et Leela Devi Dookun et que l’ICAC n’avait jamais interrogé ces personnes. L’avocat s’est alors attardé sur les mails échangés entre janvier et mars 2010, soit avant les élections de mai 2010. Il en ressort que le 17 janvier 2010, le Dr Malhotra, directeur de la clinique MedPoint, avait envoyé un mail au ministre de la Santé d’alors Rajesh Jeetah contenant des informations et des photos sur les facilités de la clinique. Le 18 janvier 2010, un autre mail avait été envoyé à un officier du ministère de la Santé, M. Dabeedin, qui avait organisé une site visit pour le 22 janvier. La site visit a effectivement eu lieu en présence de plusieurs médecins du ministère et un mail signé du Dr Gopee, Chief Medical Officer, écrivait : « MedPoint appeared to be the preferred option because of the facilities ». Ainsi, un document de Rajesh Jeetah avait été envoyé au cabinet pour expliquer le projet d’hôpital gériatrique. Me Chetty devait alors faire ressortir que Pravind Jugnauth ne faisait alors pas partie du gouvernement quand une Government notice a été émise pour l’appel d’offres pour l’ouverture d’un geriatric hospital. Le contre-interrogatoire s’est poursuivi dans l’après-midi.
Rappelons que l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, qui avait été interpellé par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) le 22 septembre 2011, a systématiquement rejeté l’accusation portée contre lui dans les procédures d’acquisition de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions par le ministère de la Santé en vue de réaliser un projet d’hôpital gériatrique. Confirmant la charge formelle logée contre Pravind Jugnauth, le bureau du DPP avait, dans un communiqué daté du 14 mars, soutenu que, sur la base du dossier d’enquête compilé au fil des trois dernières années par l’ICAC, « there is sufficient evidence to initiate criminal proceedings against M. Pravind Kumar Jugnauth for conflict of interest contrary to section 13 (2) of the Prevention of Corruption Act ».