Le procès intenté à Pravind Jugnauth pour conflit d’intérêts dans l’achat de la clinique MedPoint s’est poursuivi en Cour intermédiaire hier avec l’audition du ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation. Les débats d’hier étaient centrés principalement sur le Cabinet Memo de 2010 qui était la preuve que le Conseil des ministres avait donné son aval à l’acquisition de la clinique en juin 2010. Or, ce document ne serait pas en possession du DPP, de la défense ou de la Cour.
Dans le procès intenté au ministre Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint, un élément de taille a monopolisé l’attention en Cour intermédiaire, présidée par les magistrats Niroshini Ramsoondar et Azam Neerooa. Le Cabinet Memo 250 du 8 juin 2010, concernant l’aval du conseil des ministres pour l’acquisition de la clinique laisse un brin de mystère vu qu’aucune partie et encore moins la cour n’est en possession de ce document. Me Kaushik Goburdhun, qui représente l’ICAC dans cette affaire, a confirmé en cour, lors d’une intervention des magistrats, qu’il n’avait pas ce document en sa possession, bien que vital dans cette affaire. Pravind Jugnauth se dit quant à lui « outré » de n’avoir jamais vu ce document, ajoutant que l’ICAC lui avait fait comprendre qu’elle n’avait pas d’autre document. « C’est un acte de malveillance car un prévenu n’a pas eu ce qui lui revient de droit, soit d’être en possession de tout document relatif à cette affaire afin de préparer sa défense. Je ne peux que conclure que le défendeur a induit la cour en erreur en déclarant qu’il n’avait aucun document à me communiquer », déclare-t-il. Me Goburdhun a ainsi attiré l’attention sur le fait que Pravind Jugnauth, qui n’avait pas complété une déposition donnée à l’ICAC, n’était pas revenu pour la compléter. Selon l’avocat, si le ministre était revenu, il aurait été confronté au Cabinet Memo 250. Ce à quoi le ministre de la Technologie a répondu que « ce n’est pas à moi de mener l’enquête pour connaître l’existence de ce document. C’est à l’ICAC de dévoiler tous les documents émanant du conseil des ministres lors de son enquête ».
Concernant le conseil des ministres du 8 juin 2010, Pravind Jugnauth a réitéré en cour qu’il avait déclaré ses intérêts sur la clinique MedPoint et qu’il avait demandé au Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam, l’autorisation de se retirer de la réunion lorsque cette question était débattue. Le ministre a ajouté que ce projet d’hôpital gériatrique faisait partie du manifeste électoral de l’Alliance de l’Avenir et qu’il était de son devoir d’implémenter la décision du gouvernement. « The file was sent to me when all officers already gave their approval. In that context I had no other choice than to approve all that has been implemented », devait-il affirmer, après avoir été questionné sur le fait que sa signature était apposée sur un document, pour un paiement de Rs 144,7 M pour l’acquisition de la clinique MedPoint. Pravind Jugnauth a soutenu qu’il avait ensuite demandé à son conseiller d’alors, Sunil Dowarkasing, de s’occuper de cette affaire car il ne voulait rien avoir à faire avec la clinique MedPoint.
Les ministres Nando Bodha et Leela Devi Dookun-Luchoomun, assignés comme témoin de la défense, devaient tous deux confirmer lors de leurs auditions respectives que Pravind Jugnauth s’était retiré de la réunion lorsque le projet d’hôpital gériatrique avait été discuté.
Par ailleurs, Pravind Jugnauth a déclaré en cour qu’il n’était plus en bons termes avec sa soeur et son beau-frère, et ce depuis 1994, date à laquelle il a démissionné des postes de directeur et secrétaire de la clinique. Les magistrats ont ajourné le procès pour le 2 avril, date à laquelle la poursuite présentera son réquisitoire et la défense sa plaidoirie.