Paul Bérenger ne manque pas de rappeler que, 8 mois après avoir été initiée, l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans l’affaire MedPoint « traîne toujours ». Il se demande en même temps si la Commission anti-corruption est « dur d’oreille » dans la mesure où, dit-il, dans bien d’autres cas, l’on n’entend rien jusqu’ici. Paul Bérenger cite Infinity BPO, Rose-Belle Sugar Estate et BoM. Le leader de l’Opposition revient aussi à la charge avec les contrats de travaux d’infrastructures attribués à AJMC Colas par le ministère des Infrastructures publiques sous l’Additional Stimulus Package.
M. Bérenger constate que, 8 mois après son déclenchement, l’enquête de l’ICAC dans l’affaire MedPoint « continue à traîner » alors même que, répète-t-il, encore, le ministre Rajesh Jeetah, « qui a donné naissance au bébé » et le PM Navin Ramgoolam, « qui avait présidé la réunion du Conseil des ministres », n’ont toujours « pas encore été auditionnés ».
Il se réjouit que le ministre Rashid Beebeejaun, dont le nom a aussi été cité, ces derniers jours, ait déclaré « se tenir à la disposition » de la Commission, même s’il prévoit que ce dernier ne sera pas interrogé par l’ICAC « dans 8 autres mois ». Ce qui fait dire au leader de l’Opposition que la Commission « se disqualifie un peu plus chaque jour et chaque semaine ».
Si, quand bien même une enquête a effectivement été enclenchée dans l’affaire MedPoint, Paul Bérenger se demande ce qu’il en est de bien d’autres « affaires »: Infinity BPO, les 27 arpents de Rose-Belle Sugar Estate, le projet au coût de Rs 100 millions « sans appel d’offres » à la Banque de Maurice…Il trouve ainsi que, dans tous ces autres cas, l’ICAC « semble être dur d’oreille ».
Dans le cas particulier d’Infinity BPO, M. Bérenger rappelle qu’à l’Assemblée nationale, le Dr Ramgoolam avait, pourtant, promis l’ouverture d’une enquête. « Enquête qui, ironise-t-il, attend d’être ouverte à l’infinity! » Au sujet de l’affaire concernant la BoM, le leader de l’Opposition s’étonne même qu’en dépit de ses « graves allégations » à ce sujet, à la BoM, c’est « business as usual » et « même pas un démenti ».
Aussi, revient-t-il à la charge sur un autre sujet qu’il entend, dit le leader de l’Opposition, soulever à l’Assemblée nationale à la reprise des travaux, « si reprise des travaux il y aura effectivement. » Ce cas porte sur le nombre de contrats obtenus du ministère des Infrastructures publiques par l’entreprise AJMC Colas pour des projets d’infrastructures sous le Stimulus Package Scheme.
Paul Bérenger rappelle qu’en réponse à une interpellation du député MMM Alan Ganoo à l’Assemblée nationale, le 27 juillet 2010, le ministre Anil Baichoo avait promis de déposer copie de la liste de ces différents contrats obtenus par la société concernée avec tous les détails relatifs aux dates respectives d’allocation ainsi qu’à leur valeur respective. M. Bérenger soutient qu’une année après, ces détails n’ont toujours pas été déposés à la bibliothèque du parlement.
Il explique encore qu’à une interpellation supplémentaire, M. Baichoo avait assuré que AJMC Colas était le soumissionnaire qui avait coté la proposition la moins chère. Le leader revient ainsi à la charge et demande au ministre de dire combien, en fin de compte, l’entreprise en question aura empoché à la fin des travaux après les « variations et autres ajustements » qui auraient, dit-il, été apportés à ces divers projets réalisés sous l’Additional Stimulus Package.
« Il est éloquent qu’un an après, le ministre Baichoo refuse de donner ces détails. Qu’a-t-il, donc, à cacher alors même qu’il avait, pourtant, pris l’engagement de les déposer à la bibliothèque de l’Assemblée nationale? », se demande M. Bérenger, qui lance un défi au ministre des Infrastructures publiques de rendre publique la liste complète concernée avec tous les détails y relatifs « dont la somme totale payée après les ajouts ». Et le leader de l’Opposition de revenir à la charge à la rentrée.