Vingt-deux mois après le démarrage de l’enquête sur le scandale du siècle du rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144, 3 millions, le bras de fer engagé entre l’ex-vice Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth et l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pour boucler l’interrogatoire du premier nommé se poursuit encore. Les informations disponibles à ce matin indiquent que l’ICAC a déjà fait servir une convocation formelle au leader du MSM pour cet après-midi en vue de conclure l’interrogatoire entamé le 22 septembre de l’année dernière avec l’arrestation de Pravind Jugnauth pour le délit de conflit d’intérêts avec le Clearance pour la signature du chèque en vue de racheter la clinique MedPoint avec sa soeur comme une des principales actionnaires.
En cours de matinée, l’intention du leader du MSM était de transmettre à l’ICAC une correspondance signée de ses conseils légaux expliquant qu’il ne sera pas en mesure de se plier aux exigences de l’ICAC cet après-midi pour compléter l’interrogatoire. De sources proches du Sun Trust, l’on faisait comprendre que la principale raison mise en avant est que Pravind Jugnauth « ne se rendra à l’ICAC pour répondre aux questions qu’après avoir obtenu satisfaction sur les documents recherchés portant sur le projet de National Geriatric Hospital ».
Le leader du MSM a convoqué la presse pour 14 h cet après-midi pour une déclaration sur l’affaire MedPoint sans ajouter d’autres précisions. Tout semble indiquer qu’il commentera la décision de l’ICAC de le convoquer et passera en revue l’état de la demande qu’il a fait déposer en Cour suprême par le truchement de ses conseils légaux en vue d’obtenir l’accès à tous les « Discussion Papers » et autres documents officiels sur le projet de National Geriatric Hospital pour la période allant de janvier 2010 à juin 2010.
Avec le State Law Office soutenant ce mois-ci que les derniers documents recherchés ne relèvent pas de la responsabilité du secrétaire au Cabinet et que celui-ci n’a aucune objection à ce que Pravind Jugnauth fasse usage des documents en sa possession pour sa défense, l’affaire a été renvoyée au 6 novembre à la demande du conseil légal du leader du MSM. L’ICAC a également formulé une demande pour qu’elle soit mise hors de cause dans cette affaire.
À la mi-journée, très peu de détails ont transpiré de la tournure des événements entourant cette nouvelle convocation formelle de Pravind Jugnauth par l’ICAC pour ce dernier dossier encore en suspens dans le scandale du siècle.
D’autre part, le DPP’s Office a repoussé à un mois, soit à la fin de novembre, toute décision formelle sur le sort à être réservé aux autres suspects inculpés provisoirement par l’ICAC dans le scandale MedPoint, dont l’ancienne ministre de la Santé Maya Hanoomanjee. Ce volumineux dossier déjà transmis au DPP par l’ICAC comprend plus d’un millier de pages et six boîtes de documents.
À ce stade, pas moins de trois hommes de loi du DPP’s Office sont engagés dans l’étude de ce dossier en vue de confirmer les charges logées contre chacun des prévenus, tous de hauts fonctionnaires, dont le Chief Government Valuer Yodhun Bissessur, et trois hauts cadres de l’administration au ministère de la Santé. Initialement, le bureau du DPP s’était fixé comme objectif d’entériner les décisions sur ces cas en cette fin de mois. Toutefois, l’exercice s’est avéré plus complexe que prévu d’où le report à la fin de novembre prochain pour la suite de l’affaire.