Après sept semaines de procès dans l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte, le jury s’est prononcé hier à l’unanimité en faveur d’Avinash Treebhoowoon et de Sandip Moneea. Ils ont ainsi pu retrouver leurs proches après 18 mois de détention préventive. Les avocats de la défense, Rama Valayden et Sanjeev Teeluckdharry réclament « la réouverture de l’enquête en vue de mettre la main sur les vrais coupables ».
Le procès d’Avinash Treebhoowoon et de Sandip Moneea dans l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte a pris fin hier soir avec l’acquittement des deux hommes. Après une délibération de plus de deux heures, le président du jury les a déclarés « unanimously not guilty ». Ces mots ont été prononcés deux fois entre les cris des proches des deux accusés et le départ précipité de la famille de la victime, dont John McAreavey.
Ce dénouement est survenu après les délibérations du jury qui faisait suite au summing-up du juge Prithviraj Fekna qui avait pris fin à 16 h 10 hier après-midi. C’est vers 18 h 30 que les deux hommes ont su qu’ils allaient recouvrer la liberté.
Le procès du meurtre de Michaela Harte aura duré plus de sept semaines (NdlR : l’un des plus longs dans l’histoire des Assises à Maurice). Le case for the prosecution a été présenté pendant environ cinq semaines avec plus d’une trentaine de témoins dont le témoin principal, Raj Theekoy, qui a bénéficié de l’immunité du Directeur des Poursuites Publiques (DPP). Il avait avancé sous serment qu’il avait vu le chariot d’Avinash Treebhoowoon devant la chambre de la victime et entendu des cris provenant de cette chambre. Il se serait alors caché afin de voir qui en sortirait et aurait vu les deux prévenus. Une version que démentent les deux accusés.
Avinash Treebhoowoon a avancé avoir été victime de brutalité policière et avoir fait des aveux contre son gré. Il avait aussi impliqué son superviseur Sandip Moneea dans l’affaire en disant qu’il voulait voler dans le porte-monnaie de la jeune femme quand celle-ci est entrée dans la chambre et les aurait surpris. Sandip Moneea n’a jamais fait d’aveux et a toujours clamé son innocence dans cette affaire. Avec l’alibi que lui a fourni Govinden Saminaden, Sandip Moneea a affirmé qu’à l’heure du crime, il nettoyait la chambre 1009. Govinden Saminaden, valet de chambre, a allégué avoir été bousculé par la police, qui l’aurait menacé de l’inculper s’il ne signait pas sa déposition. Selon un rapport de Mauritius Telecom, obtenu grâce à un Judge’s Order, Sandip Moneea a téléphoné à sa grande soeur à 14 h 45. La poursuite pense qu’il se trouvait alors dans la chambre de la victime. Une version que la défense a démentie. « Qui resterait dans une chambre et ferait un appel à sa soeur après avoir tué quelqu’un ? », avait soulevé Me Rama Valayden lors de sa plaidoirie.
Pour rappel, Michaela Harte a été tuée dans la chambre 1025 de l’ancien hôtel Legends le 10 janvier 2011 alors qu’elle était en lune de miel à Maurice après un séjour à Dubaï. Les deux accusés dans cette affaire, Avinash Treebhoowoon et Sandip Moneea, étaient des employés de l’hôtel Legends. La Major Crimes Investigation Team (MCIT) a mené l’enquête policière et la poursuite était représentée par Mes Mehdi Manrakhan, Nataraj Muneesamy et Chitra Servansing-Bhuruth.
Avinash Treebhoowoon, avait retenu les services de Mes Sanjeev Teeluckdharry et Ravi Rutnah. Ce dernier s’est ensuite retiré de l’affaire pour des raisons d’éthique professionnelle. Sandip Moneea était, quant à lui, défendu par Mes Rama Valayden, Rouben Mooroongapillay, Neelkanth Dulloo, Siven Tirvassen et Arassen Kallee.
Les avocats de la défense, Rama Valayden et Sanjeev Teeluckdharry, demandent « la réouverture de l’enquête en vue de trouver les vrais coupables ».