Le procès d’Avinash Ramgotee aux Assises s’est poursuivi hier avec le témoignage de Jaidev Jhurry, dont l’épouse et la soeur ont été tuées dans la soirée du 5 janvier 2005. Jaidev Jhurry a été la première personne à avoir fait cette découverte macabre en rentrant chez lui après avoir effectué une course. Dans son témoignage hier, il est revenu sur cet épisode.
L’homme âgé de plus de 80 ans, ancien enseignant qui gagne désormais sa vie en tant que chauffeur de taxi est revenu ce matin en Cour d’assises sur ce moment qu’il a qualifié de pénible lorsqu’il a découvert le cadavre de sa femme dans une mare de sang dans le salon. Sorti vers 19 h pour effectuer une course, Jaidev Jhurry est rentré chez lui vers 21 h. En entrant dans le salon il devait y découvrir le cadavre de son épouse dans une mare de sang, allongée sur le ventre. À ce moment-là, raconte-t-il, il commence à appeler sa soeur Asha qui ne répond pas, il se dirige alors vers la salle à manger où il découvre un deuxième cadavre, celui de sa soeur, également sur le ventre et dans une mare de sang. Jaidev Jhurry indique avoir tout de suite alerté le SAMU, qui, sur place a constaté le décès d’Indira et d’Asha Jhurry. Ce n’est qu’après, que Jaidev Jhurry aurait remarqué qu’une somme d’environ Rs 5 000 ainsi que des bijoux « fantaisie » qui se trouvaient dans les tiroirs de l’armoire de la chambre à coucher avaient disparu.
À une question de l’avocat de la poursuite Me Medhi Manrakhan sur le terrain qui se trouvait à côté de sa maison, M. Jhurry a affirmé que c’est un endroit où pousse la lepta grass. « Sa lerb-la kol ar ou linz kan ou pas ar li », a-t-il dit. À noter que c’est l’endroit qu’aurait emprunté l’accusé pour fuir son oncle. M. Jhurry a indiqué à la Cour qu’il n’avait remarqué aucun couteau manquant chez lui. Il a aussi identifié un mouchoir qu’il avait l’habitude de porter sur sa tête et qui avait été retrouvé sur les lieux du crime.
Jaidev Jhurry a également indiqué que depuis sa chambre, là où se trouvait son téléphone, une personne ne pouvait voir à l’extérieur si la lumière de la terrasse était éteinte. « Dans l’enquête, la soeur d’Indira avait soutenu qu’elle était au téléphone avec elle quand quelqu’un avait sonné à la porte vers 19 h 40. Cette dernière avait raccroché pour aller voir qui c’était. Elle était donc la dernière personne à avoir parlé à la victime », a-t-il souligné. Jaidev Jhurry avait aussi, lors de l’enquête préliminaire, produit en cour une copie du relevé des appels du 4 au 6 janvier, ce qui avait en effet confirmé l’appel de la soeur d’Indira Jhurry. Appelé à décrire le caractère de l’oncle de l’accusé, Rajesh Ramlogun, Jaidev Jhurry a soutenu qu’il le connaissait bien car il avait souvent l’habitude de faire ses courses. « Li ti abitie tap so zafer me li ti enn bon garson, li pa ti violent, zame nou finn gagn kit problem ar li », a déclaré Jaidev Jhurry.
Lors du contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Me Siv Pottaya, lui a demandé si en découvrant le cadavre de son épouse, il l’avait touché pour voir si elle était en vie. « Letan ou finn trouv ou madam koumsa, kouma ou pou fer, mo finn kriy mo ser, monn tous so zepol, li pan reazir, mo finn apel SAMU parski monn panse zot pou kapav sov so lavi. Sa kantite disan ti ena partou-la », a-t-il répondu. Il a aussi soutenu que vu l’état dans lequel il était au moment de cette découverte, il n’a pas remarqué s’il y avait des traces de pas près des cadavres. Lorsque Me Pottaya lui a demandé s’il connaissait l’accusé il devait répondre par l’affirmative. « Kan li ti tipti li ti abitie dir mwa bonzour me kan linn vinn gran li al liniversite, linn aret dir », a-t-il déclaré. L’avocat de la défense l’a alors confronté à une de ses déclarations lors de l’enquête préliminaire où il avait soutenu que « l’accusé avait l’habitude de lui dire bonjour mais qu’après ce qui s’est passé, il avait cessé de le faire ». Jaidev Jhurry a alors soutenu qu’il ne s’en souvenait plus. La séance s’est par la suite poursuivie avec les témoignages des policiers qui ont été mandés sur les lieux ce jour-là en vue d’assurer la patrouille et de veiller à ce qu’aucune personne non autorisée accède aux lieux du crime. La séance reprendra lundi.