Un nouvel élément est venu s’ajouter hier dans le procès devant les Assises d’Avinash Ramgotee. La cour a entendu deux témoignages clés, ceux du médecin légiste le Dr Sudesh Kumar Gungadin, et du Chief Forensic Scientist, le Dr Beeharry. Ce dernier, qui avait examiné les traces de pas tâchées de sang relevées sur les lieux du crime, a indiqué à la Cour qu’elles correspondaient aux sandalettes que portait l’accusé. Le Dr Gungadin, pour sa part, a donné plus de détails sur le rapport de l’autopsie effectuée sur les belles-soeurs Indira et Asha Jhurry.
Dans son témoignage en cour, le Dr Beeharry a déclaré avoir examiné les six traces de pas relevées sur les lieux du crime. Après avoir éliminé celles du médecin du SAMU, de son équipe et des enquêteurs du Central CID, le Chief Forensic Scientist a expliqué que celles tâchées de sang retrouvées près des cadavres correspondaient aux sandalettes d’Avinash Ramgotee.
Les traces de pas de Rajesh Ramlogun, oncle de l’accusé, n’ont cependant pas été retrouvées sur les lieux. En présentant les pièces à conviction hier à la cour, la poursuite a montré les sandalettes que portaient Avinash Ramgotee ; le côté gauche avait les lanières endommagées. Ce qui expliquerait selon le Principal State Counsel Me Medhi Manrakhan, la présence d’uniquement des traces de pas du pied droit à un moment.
Le Dr Beeharry a aussi identifié un couteau présenté comme pièce à conviction dans cette affaire. Il a confirmé qu’il cadrait parfaitement dans un coffret présenté à la cour. Quant au Dr Sudesh Kumar Gungadin, il est revenu sur ses deux rapports de l’autopsie effectuée sur les belles-soeurs Jhurry et sur le rapport médical d’Avinash Ramgotee. Le médecin légiste a soutenu qu’Asha Jhurry portait 52 blessures externes sur différentes parties du corps. De même que 21 coupures, 35 stab wounds et des fractures. Ces blessures se trouvaient principalement sur les jambes, l’abdomen, le cou et le dos.
Selon le Dr Gungadin, ces blessures indiquent qu’une sharp single edge cutting weapon a été utilisée pour commettre le crime. Il se pourrait que ce soit un couteau, a-t-il avancé. Le décès de la victime a été causé par ces coups qui ont touché des organes vitaux et la perte de sang. Elle aurait ainsi succombé à ses blessures entre cinq à dix minutes. L’autopsie a aussi relevé des blessures démontrant qu’Asha Jhurry a tenté de se défendre.
Quant à Indira Jhurry, elle portait plus de 30 blessures, dont 20 stab wounds sur le cou, l’estomac et le dos, et des fractures. Le schéma des blessures identifiées sur les deux cadavres était similaire, alors que leur taille indiquait que la même arme avait été utilisée pour les tuer.
Selon le médecin légiste, les deux meurtres ont pu être commis par la même personne. À une question du représentant de la poursuite s’il était nécessaire de donner autant de coups à une personne pour la tuer, le Dr Gungadin a répondu qu’un seul suffit.
Le témoin s’est par la suite attardé sur le rapport médical de l’accusé qui avait été examiné le 26 janvier 2006, soit 20 jours après le meurtre. Avinash Ramgotee portait plusieurs blessures, notamment des bruises entre le pouce et l’index. Le médecin a expliqué que ce genre de blessures est causé quand une personne est en contacte avec une rough surface.
Quand la poursuite lui a demandé si la manche du couteau utilisé pour le crime aurait pu causer ces blessures, le Dr Gungadin a répondu : « It is possible. » Il a aussi précisé que l’accusé ne portait aucune blessure superficielle ayant pu être causée alors qu’il courait dans un champ de canne pour fuir son oncle qui, comme il le soutient dans sa déclaration, le pourchassait. La séance a repris aujourd’hui.