La polémique autour du refus de l’ancien député du PMSD Richard Duval à se soumettre à un alcootest, après un accident survenu dimanche soir à Pailles, est revenue au devant de l’actualité hier après-midi lors de la conférence de presse pour annoncer les prochains projets au niveau de la sécurité routière dont le dépistage de drogues chez les conducteurs. Le refus de Richard Duval de se plier à cet exercice, avançant qu’il avait consommé du Benylin et qu’il souffrait de l’asthme, devait faire l’objet d’une question des membres de la presse et adressée au Dr Charles Mercier-Guyon, spécialiste en médecine légale, à Maurice en ce moment pour l’élaboration du projet susmentionné. Voici sa déclaration dans son intégralité :
« C’est un cas qui aurait pris environ 5 minutes de discussions avec le procureur en France, en Allemagne, en Belgique ou en Angleterre. Deux choses sont possibles. D’abord la quantité de sirop, contenant de l’alcool, est telle qu’on est alcoolisé à plus de 0,5 dans le sang. Donc on est ivre. Si moi je bois 3 litres de sirop avec de l’alcool dedans c’est comme ci je buvais du rhum. Je suis en état d’alcoolisation. Je suis en état d’ivresse. Donc le sirop n’est pas une excuse. Parce qu’à ce moment-là, pourquoi le sirop et non pas le rhum et le vin blanc etc ? Si la personne a dans le sang une quantité d’alcool importante dû à des substances non-alcool, qui contiennent de l’alcool, c’est de l’alcool.
Le deuxième problème est la contamination. Si je me rince la bouche à l’alcool, si je mange un Baba au rhum, ou du sirop avec de l’alcool, et que tout de suite après on m’arrête, je vais risquer d’avoir non pas un taux d’alcool dans le sang mais une contamination dans la bouche qui fait que quand je souffle, de l’alcool de ma bouche va dans l’appareil. Tous les policiers savent, car cela arrive régulièrement, qu’on attend un temps suffisant pour que les gens puissent se rincer la bouche, pour que la contamination parte et que le taux d’alcool est à zéro après.
Si on a un doute et qu’il y a un problème, on fait une prise de sang et on aura la réponse. Mais que quelqu’un dise “j’ai pris deux cuillères à soupe de sirop contenant de l’alcool et donc je ne pouvais pas souffler car cela aurait faussé le résultat”, c’est une plaisanterie très amusante. Elle m’a d’ailleurs beaucoup fait rire quand je l’ai entendu. On l’entend régulièrement. Mais prenons quelqu’un de bonne foi. Vous sortez du restaurant après avoir mangé votre Baba au rhum et on vous arrête 20 mètres après. Vous allez dire au policier j’ai mangé un baba au rhum, puis-je me rincer la bouche ? Ils vont vous dire oui et vous allez souffler il n’y aura rien. Il n’y a pas de contamination. » Je parle de mémoire mais il faudrait vérifier sur internet : à mon avis le sirop doit avoir entre 3 et 5 % d’alcool. Imaginez une bière avec 3 ou 5 % d’alcool. C’est-à-dire qu’il va falloir deux gros demis de bière, donc deux grands verres de ce sirop, soit deux grosses chopines, pour arriver à une alcoolisation auto-légale !
À ce stade de la conférence de presse, avec d’autres questions provenant des membres de la presse, Ben Buntipilly, conseiller au PMO en matière de sécurité routière, interviendra pour faire comprendre qu « il y a une enquête en cours et qu’il ne faut pas citer un cas précis ». À la suite d’une nouvelle question des journalistes à l’effet si refuser de se soumettre à un alcootest constitue un délit, les responsables de la Traffic Branch, dont le Surintendant Deena, devaient répondre par l’affirmative. « Si la personne refuse et qu’on considère qu’elle est sous l’influence de l’alcool nous pouvons l’arrêter à ce moment. Mais si quelqu’un est en sa compagnie pour prendre sa responsabilité, nous remettons le conducteur à cet individu. Mais il y aura une poursuite après. Its an offence ! »