Rakesh Gooljaury, partenaire de la femme d’affaires rouge Nandanee Soornack, a craché le morceau au sujet des incidents survenus au bungalow de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam survenu à Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011. En effet, il a passé presque cinq heures dimanche, soit de 16h30 à environ 22 heures, dans les locaux du Central CID en compagnie de son conseil légal, Me Sanjeev Teeluckdharry, en vue de consigner sa nouvelle version des faits de l’épisode de la montre Rolex au campement de Roches-Noires. Il a confirmé qu’à aucun moment il ne se trouvait dans l’enceinte cette propriété de Navin Ramgoolam, au coût de Rs 45 millions, au moment des faits. Comme révélé en primeur par notre site internet (lemauricien.com) hier en fin de journée, Rakesh Gooljaury a pu regagner son domicile dans la soirée de dimanche avec sa remise en liberté sur parole.
À ce stade de l’enquête, confiée au Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, l’identité de la femme, qui se trouvait en compagnie de Navin Ramgoolam au moment de cette agression et de ce cambriolage non élucidés jusqu’ici, prend toute son importance. D’aucuns affirment que cet élément pourrait constituer un indice majeur dans la nouvelle enquête sur le suicide présumé d’Anand Kumar Ramdony en cellule au poste de police de Rivière-du-Rempart aux petites heures du matin du 30 juillet 2011, confirmant du même coup l’hypothèse d’une connexion entre le cambriolage au campement de Roches-Noires et la mort mystérieuse de cet homme interpellé pour le vol de la montre de son épouse, rapporté à la police le 17 juillet 2011.
L’enquête du Central CID relative au cambriolage d’un butin de Rs 20 000 a amorcé un tournant crucial avec la nouvelle déposition de Rakesh Gooljaury consignée dimanche en début de soirée. Pendant les cinq heures de sa déposition, il a soutenu que, contrairement aux détails révélés à la police dans la matinée du 3 juillet 2011, il ne se trouvait pas sur les lieux des incidents au moment des faits. « Mo pa ti laba mwa. Navin ine dire mwa pran sa charge-la », devait-il répéter à plusieurs reprises aux questions des hommes de la Special Cell du Central CID en présence de son homme de loi.
À l’exception des nouveaux faits révélés par l’homme derrière Fashion Style, confirmant les dires d’au moins deux vigiles de la société Brinks à l’effet que Navin Ramgoolam était bel et bien en compagnie d’une femme « avek seve long dan kulwar » du campement, très peu d’autres détails ont transpiré de cette séance particulière de “questioning” aux Casernes centrales. L’ancien partenaire de Nandanee Soornack pourrait bien bénéficier d’une immunité contre toute procédure pénale en contrepartie de son témoignage à charge à la conclusion de cette enquête.
Toutefois, les faits demeurent que les aveux de Rakesh Gooljaury sont considérés comme étant « accablants » contre Navin Ramgoolam. Jusqu’ici, celui-ci a maintenu qu’il n’était présent sur les lieux au moment de ce cambriolage. Aujourd’hui, du fait de la version de cet homme d’affaires et d’un des vigiles appelé en renfort dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, l’ancien Premier ministre a tout intérêt à revoir sa stratégie de défense lors de l’interrogatoire en préparation.
Le suspense est maintenu quant au calendrier de convocation de Navin Ramgoolam. L’escouade d’enquêteurs placés sous les ordres de l’ACP Jangi, qui a connu des changements en ce début de semaine avec la mutation du Chief Investigating Officer, le surintendant Yasdev Callee pour la Special Supporting Unit (SSU), remplacé par le surintendant Mannaram, pourraient revoir leur stratégie en optant pour une convocation formelle après avoir réalisé des progrès dans le volet relatif au suicide du détenu Anand Kumar Ramdony.
Dans la conjoncture, la question qui intrigue plus d’un demeure l’identité de la femme qui se trouvait en compagnie de Navin Ramgoolam au moment de l’agression à 1h20 le 3 juillet 2011. Avec le dernier interrogatoire de Rakesh Gooljaury, il existe de fortes chances que le Central CID soit déjà en présence d’éléments confirmant le nom de cette mystérieuse personne. Dans les jours à venir, il faudra s’attendre à voir un changement de “focus”, les hommes de l’ACP Jangi devant se concentrer davantage sur les circonstances du décès d’Anand Kumar Ramdony alors qu’il se trouvait en cellule policière. Il avait, pour rappel, été incarcéré pour le recel d’une montre volée dont le cas avait été rapporté à la police de Pamplemousses le 17 juillet 2011. A ce jour, la montre n’a toujours pas été retrouvée.
En fin de semaine dernière, un des compagnons de cellule d’Anand Kumar Ramdony a été entendu par les enquêteurs. Il a catégoriquement rejeté la thèse du suicide, affirmant que les conditions physiques ne se prêtaient nullement à un tel geste de désespoir. Déposant devant la magistrate Shaifali Ganoo, qui présidait l’enquête judiciaire sur la mort de ce détenu, Jacques Désiré Laval Bigaignon, qui occupait une cellule à côté, devait faire comprendre : « Ver 4 er e demi du matin, mo finn tann ene tapaz boup bap. Mo pa fin tann krye. » Il devait ajouter qu’auparavant, vers 2 heures ce même 30 juillet 2011, il avait conversé avec la victime, qui lui avait demandé une cigarette.
Les huit policiers qui étaient de service au poste de police de Rivière-du-Rempart dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 seront de nouveau entendus dans les jours à venir, de même que le VIPSU assurant la sécurité de l’ancien vice-Premier ministre Anil Bachoo, qui était passé déposer et prendre son arme de service les jours précédant ce suicide allégué en cellule. Affaire à suivre…