Le procès intenté à l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, ainsi qu’aux ex-DCP, Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally, concernant les incidents survenus au bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, a repris aujourd’hui avec l’audition du témoin vedette, Rakesh Gooljaury. Lors du contre-interrogatoire, Me Gavin Glover, SC, l’avocat de Navin Ramgoolam, a pour la première fois évoqué une corrélation entre les élections de 2014, les évaluations de la MRA en 2015 et la « changed version » de Rakesh Gooljaury le dimanche 11 janvier 2015. En l’absence d’informations du témoin sur ces évaluations de la MRA, Me Glover a refusé de poursuivre son contre-interrogatoire. Rakesh Gooljaury devra retourner en cour le 20 septembre pour fournir ces détails.
Me Gavin Glover devait débuter son contre-interrogatoire avec un voyage qu’avait effectué Rakesh Gooljaury à paris. L’homme de loi voulait savoir qui l’avait accompagné. « It’s my girlfriend et il n’y avait aucun partenaire d’affaires », devait répondre le témoin. Le Senior counsel aborde alors le volet des évaluations de la MRA. Lors de son audition la dernière fois, Rakesh Gooljaury, qui disait ne pas avoir les détails de ces Income Tax Assessments de la Mauritius Revenue Authority, avait déclaré à la cour qu’il allait faire le nécessaire pour les obtenir.
Me Glover : Avez-vous fait des recherches sur ces évaluations ?
Gooljaury : Oui, il y a quelqu’un qui travaille dessus mais je n’ai pas encore le rapport
Me Glover : Avez-vous une quelconque objection à nous montrer ce rapport ?
Gooljaury : Il n’y a aucun lien avec l’affaire Roches-Noires.
Répondant à une question de Me Glover sur ses dettes, Rakesh Gooljaury devait concéder qu’il doit de l’argent à la CIM Finance et que cette dernière a pris possession d’un terrain du gouvernement à Belle-Mare dont il avait le bail. Si dans un premier temps, l’ancien partenaire d’affaires de Nandanee Soornack devait déclarer qu’il ne perçoit aucun revenu depuis mai 2016 car il ne travaille pas, il devait par la suite faire ressortir qu’il aide sa femme, Farzhana Hossen, dans ses affaires.
Me Glover : Est-ce vrai de dire que vous travaillez dans la compagnie de votre femme ?
Gooljaury : Non je l’aide dans quelques affaires et je perçois un revenu.
Me Glover : Quand vous aviez dit auparavant que le business de votre épouse est séparé et que vous n’avez rien à voir avec cela, c’est faux ?
Gooljaury : Non je l’aide que dans quelques affaires.
Me Gavin Glover revient alors sur le chapitre des évaluations de la MRA et fait référence à un article du Mauricien en janvier 2015 faisant état des assessments de la MRA en 2014. Rakesh Gooljaury affirme ne pas avoir lu l’article et ajoute qu’il attend d’avoir un rapport sur cela.
Me Glover : Puisque vous tardez, avez-vous une quelconque objection si on fait une demande directement auprès de la MRA ?
Gooljaury : Ce sont mes affaires personnelles et cela n’a rien à avoir avec l’affaire Roches-Noires.
Me Glover : Mo suggere ou ki ena enn relasyon direk entre le fait qui ou finn sanz koze entre eleksyon 2014 ek assement MRA.
Gooljaury : Kan mo finn al donn mo deposition en janvier 2015, mo finn koz nek la verite.
Me Glover devait réitérer sa demande pour que le témoin lui communique ces informations. Le magistrat Raj Seebaluck a aussi fait ressortir que le témoin a eu depuis la dernière audience le 13 juillet pour trouver ces informations et qu’il aurait dû les avoir. Me Glover refuse à ce stade de poursuivre son contre-interrogatoire, indiquant que ces détails sont primordiaux car ses autres questions y sont reliées. « It is imperative to have these details as there is a direct correlation between the assessment and his changed version in January 2015 ». L’audience a été suspendue au 20 septembre.
Navin Ramgoolam et les deux coaccusés, l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo, et l’ancien patron de la VIPSU, l’ex-DCP Ravine Sooroojebally, ont plaidé non coupable du délit de complot dans l’affaire Roches-Noires, où Navin Ramgoolam avait été agressé à coups de tournevis par un individu dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 en présence de Nandanee Soornack. Ils répondent d’une charge de « conspiracy to do an unlawful act, namely effecting public mischief in breach of Section 109 of the Criminal Code ». Navin Ramgoolam est défendu par Me Gavin Glover, SC, sir Hamid Moollan, SC, et Mes Shawkat Oozeer et Hisham Oozeer. Ravine Sooroojebally est défendu par Me Nargis Bundhun et Dev Jokhoo par Mes Mooloo Gujadhur, Kevin Luckeeram et Shyam Servansingh. La poursuite, elle, est représentée par Mes Mohana Naidoo, Keshri Soochit et Jean-Michel Ah Sen.