Le procès intenté au jockey italien Gregorio Arena, sous la charge de “cheating” alors qu’il montait Saziwayo, a repris en Cour intermédiaire ce matin devant les magistrats Kesnaytee Bissoonauth et Azam Neerooa. La Poursuite a appelé son premier témoin, Shirley Louis, celle qui avait procédé à la traduction de la déposition donnée par le jockey Arena à la police. Gregorio Arena avait évoqué la présence de Ian Paterson à une fête le même jour qu’il avait monté Saziwayo et avait indiqué que suite à un incident qui s’était produit ce jour-là, il avait une dent contre les Italiens. Shirley Louis, qui faisait partie du groupe d’ami présents à cette fête organisée par la famille Buttié, est revenue sur la chronologie de cette soirée.
Le témoin de la poursuite Shirley Louis a procédé à la lecture de la déposition donnée par le jockey Gregorio Arena à la police avant d’être longuement contre-interrogé par l’avocat de la défense Me Yahia Nazroo sur le déroulement de la fête d’anniversaire de Béatrice Buttié le samedi 22 juin 2013 à l’hôtel Pointe-aux-Canonniers. Dans sa déposition à la police, le jockey devait nier l’implication d’une tierce partie pour l’influencer à perdre cette course. Il avait cependant évoqué une fête d’anniversaire organisée par la famille Buttié pour leur fille Béatrice le 22 juin 2013 et dans laquelle il été invité, car il fréquentait le petit ami de Béatrice Buttié, le jockey Marcialis. Le jockey Arena avait indiqué à la police qu’à la suite d’un incident qui s’était produit lors de cette fête, il avait vu la proximité entre la famille de Ian Paterson, le Chairman du panel des Commissaires des Courses et la famille Buttié. « Je suis convaincu que M. Paterson n’a pas été impartial ; il avait une dent contre les Italiens », a déclaré le jockey Arena.
Lors du contre-interrogatoire, le témoin qui faisait partie des invités de cette soirée est revenu sur ce qui s’était passé. Ainsi, ce jour-là, les invités de la famille Buttié, c’est-à-dire les jockeys Arena et Marcialis, un certain Giuseppe Parisi, Shirley Louis et son conjoint étaient arrivés à l’hôtel vers 20 h 20. C’est ce même samedi 22 juin 2013 que Saziwayo avait perdu aux courses. Répondant aux questions de Me Nazroo sur l’atmosphère qui régnait lorsqu’ils sont arrivés à l’hôtel, le témoin devait répondre que « c’était cool, tranquille, les familles Buttié et Paterson étaient même venues nous accueillir à la réception et on avait échangé quelques mots ». Ils devaient par la suite se rendre dans le restaurant de l’hôtel pour le dîner et Shirley Louis a affirmé ce matin en Cour qu’une ambiance cordiale régnait entre les invités et que M. Paterson conversait également avec les jockeys. À noter que la famille Buttié avait fait des arrangements pour réserver au préalable des chambres pour tous les invités et avait aussi réglé toutes les factures. Poursuivant son récit des événements de cette soirée, le témoin a soutenu qu’après le dîner, tout le monde avait regagné sa chambre et que c’est tôt le lendemain matin qu’un incident s’est produit dans la chambre de Béatrice Buttié, incident qui avait changé le cours des événements. Son père l’avait en fait surprise en compagnie des deux jockeys et de Giusepe Parisi en train de consommer de l’alcool. Cette situation ne lui aurait pas plu et une discussion aurait éclaté. La famille Paterson, qui était dans une chambre en face de celle de la fille Buttié, avait aussi assisté à la scène et avait décidé de se mettre du côté de leur ami Buttié. « M. Paterson semblait aussi bouleversé par ce qui s’était passé ; après cet incident on ne s’est plus adressé la parole, on avait deux tables séparées. Une semaine après, mon conjoint et moi l’avons appelé pour demander à le voir. M. Paterson nous avait fait comprendre que suite à cet incident il souhaitait arrêter toute relation », a indiqué le témoin. L’audience devait se poursuivre cet après-midi avec l’Enquiring Officer de la Brigade des Jeux.