Si les plaignants contre les « propos discriminatoires » attribués à Michael Sik Yuen refusent de venir de l’avant, l’affaire pourrait s’arrêter là. C’est ce qu’on laisse entendre dans les milieux concernés, après que l’avocat du ministre du Tourisme, Rama Valayden, a fait une demande pour connaître l’identité des dénonciateurs. L’Equal Opportunities Commission (EOC) qui tient à protéger les témoins, demandera l’avis du State Law Office (SLO) à ce sujet.
Pour Me Rama Valayden, dans toute plainte, il est légalement important de connaître l’identité du plaignant. « Les gens peuvent avoir différentes motivations en portant plainte contre quelqu’un. Il nous faut donc connaître leur identité. Cela permettra également de vérifier si ces personnes étaient effectivement présentes à la réunion où le ministre aurait prononcé les propos qui lui sont reprochés. »
L’avocat de Michael Sik Yuen fait ressortir qu’à part la Prevention of Corruption Act (POCA), aucune loi du pays ne fait provision pour préserver l’anonymat du dénonciateur.
Quant à savoir si l’Equal Opportunities Commission peut se permettre certaines réserves sur ce cas précis, l’avis du SLO sera sollicité. Car, même si l’Equal Opportunities Act ne contient aucune disposition pour préserver l’anonymat, la commission tient à coeur la protection des témoins. De même, elle ne voudrait pas décourager les gens à venir de l’avant pour dénoncer les cas de discriminations.
Mais, pour Rama Valayden cette demande s’inscrit dans la logique du concept de l’égalité des chances. « En ayant confirmation de l’identité du plaignant, cela nous permet de vérifier les faits et en même temps, de veiller à ce que les notions de l’Equal Opportunities ne soient pas faussées. Autrement, les gens pourraient venir dire n’importe quoi. »
Cependant, même si le SLO donne raison à Rama Valayden, tout dépendra de la décision des témoins à dévoiler leur identité. Au cas contraire, cette affaire qui dure depuis le mois de juin, pourrait s’arrêter là.
La convocation de Michael Sik Yuen à l’EOC fait suite à des plaintes déposées pour « propos discriminatoires » qu’il aurait tenus au cours de la campagne municipale à Curepipe. Selon le plaignant, il aurait soutenu qu’il n’y aurait pas de développement à Curepipe si la ville était gérée par l’opposition.