La poursuite n’a pas été en mesure de prouver que Gérard Louise est coupable de complot dans l’affaire Sony Music. Vendredi dernier, la charge qui pesait contre l’ancien directeur de la Mauritius Society of Authors (MASA) a été rayée. Le conseil d’administration de la société, qui avait suspendu Gérard Louise dans le cadre de cette affaire, se retrouve dans une situation embarrassante. Alors que ce dernier attend sa réintégration, aucune décision n’a été prise à ce sujet. Cependant, le main case contre la MASA dans cette affaire, est toujours en attente à la cour suprême.
Un développement de taille dans l’affaire Sony Music est survenu la semaine dernière. Accusé de “conspiracy” dans une affaire de reproduction d’oeuvres du catalogue Sony Music, Gérard Louise, le directeur suspendu de la MASA, a été blanchi.
La tournure de ces événements place le conseil d’administration de la société dans un contexte particulier, car c’est suite à son arrestation dans le cadre de cette affaire que Gérard Louise avait été suspendu de ses fonctions. Toutefois, le main case de l’affaire Sony Music contre la MASA est toujours en attente à la cour.
En juin 2011, Audrey Lamarque, représentante locale de Sony Music, porte plainte contre la MASA pour avoir autorisé la réalisation d’une compilation portant des morceaux de ce major. Gérard Louise, le directeur, était, lui, accusé de “conspiracy”. Cependant, la poursuite n’a pas été en mesure de prouver cela. La charge contre Gérard Louise a donc été rayée.
C’est un Gérard Louise soulagé qui s’est confié au Mauricien dans le cadre de cette affaire. « J’ai toujours eu confiance en la justice car j’ai toujours travaillé selon les paramètres de la loi et dans l’intérêt de la MASA. Néanmoins, les gens ont différentes interprétations de la loi et aujourd’hui, la cour vient me donner raison. »
Le directeur de la MASA, suspendu de ses fonctions depuis 20 mois, s’attend maintenant à être réintégré à son poste. « L’année dernière j’ai fait servir une mise en demeure à la MASA parce que je considère que ma suspension est illégale, mais à ce jour, je n’ai eu aucune réponse de la société. »
Ce qui laisse planer le doute quant à une possible réintégration. Interrogée à ce sujet, Meera Mohun, présidente de la MASA, indique qu’aucune décision n’a été prise à ce jour. « J’ai reçu une lettre de Gérard Louise m’informant qu’il a été blanchi, toutefois, nous attendons le rapport officiel de la cour. Nous avons une réunion du board le 28 mars, nous allons certainement débattre de la question. »
Pour sa part, Audrey Lamarque a indiqué au Mauricien ce matin que ce n’est qu’une charge personnelle contre Gérard Louise qui a été rayée et non le main case.
Deux options se présentent à la MASA : réintégrer Gérard Louise à son poste de directeur ou l’indemniser et lui proposer de se retirer. Le principal concerné se dit lui, prêt à reprendre son poste. « Les membres connaissent mes compétences, même si, parfois, il y a eu des incompréhensions. Si je reviens à la MASA, ce sera pour deliver the goods. Toujours est-il qu’il faut d’abord faire un état des lieux pour savoir où en sont les choses et où on veut aller. »
Par rapport à la deuxième option, Gérard Louise affirme qu’il n’acceptera pas n’importe quelle proposition. « C’est moi qui ai payé les pots cassés dans toute cette affaire. Ma réputation en a pris un coup. Je ne ferai pas de compromis. »
Depuis l’annonce de cette nouvelle, Gérard Louise reçoit les félicitations de certains membres de la MASA.C’est le cas notamment du vétéran Fanfan, qui ne manque pas de souligner les qualités du directeur suspendu. « Gérard est un gentleman ; je savais qu’il allait être innocenté car il a toujours travaillé pour le bien des artistes. C’est grâce à lui que des anciens comme moi, ont aujourd’hui droit à une pension. Personne n’y avait pensé avant. »
Toutefois, ce point de vue n’est pas partagé par l’ensemble des artistes, qui considéraient plutôt le départ de Gérard Louise comme une bonne chose pour la MASA. Même si personne ne veut se prononcer pour le moment, on avance que la tenue d’une assemblée générale extraordinaire serait plus appropriée avant toute décision du board.
Par ailleurs, dans cette même affaire, la division commerciale de la cour suprême avait donné gain de cause à Audrey Lamarque Music Entreprises, en octobre 2011, en reconnaissant qu’elle est la seule autorisée à vendre les productions de Sony Music sur le territoire mauricien.
Dans sa défense, la MASA, avait expliqué qu’Audrey Lamarque Music Enterprises Ltd n’est pas la propriétaire du label Sony et qu’à ce titre, elle ne détient aucun droit sur ces morceaux.