Après la déportation considérée « illégale », le 6 décembre dernier, de Yadav Oodaye Kumar, étudiant népalais qui s’était inscrit au Spherinity Training Institute, l’épée de Damoclès pèse cette fois sur d’autres de ses compatriotes. Pour le Regrouman Travayer Sosyal, ces déportations sont « illégales » car « ces étudiants ont fait une déposition au Central Criminal Investigation Department (CCID) pour escroquerie. La police doit donc enquêter et tant que l’affaire n’a pas été réglée, ils ne peuvent être déportés. Ils doivent être au pays pour se défendre », s’insurgent le Dr Raja Madhewoo et Eddy Sadien, membres du regroupement précité. Ils demandent ainsi au Premier ministre et à la ministre de l’Éducation de se pencher sur ce dossier afin de « déterminer si les officiers du Passport Immigration Office (PIO) ont agi de connivence avec l’institution tertiaire et la police et, si tel est le cas, de prendre des sanctions à leur encontre ».
« Nous demandons à la ministre de l’Éducation d’étudier cette affaire et de s’assurer que les étudiants népalais, indiens et bangladais ne soient plus confrontés à ce type de problèmes et que les nouvelles institutions tertiaires ne rendent pas la vie des étudiants étrangers difficiles. Qu’ils ne payent pas des études dans le vide, sans avoir de certificat. C’est une mauvaise publicité pour un pays qui se targue d’être un “knowledge hub” ! Ces étudiants ont souffert de la mauvaise gestion gouvernementale », soutient le Regroupman Travayer Sosyal.
Si les permis de ces étudiants menacés de déportation depuis la semaine dernière ont expiré depuis le 31 décembre, le Dr Madhewoo et Eddy Sadien estiment qu’ils « ne peuvent être déportés pour autant, car la police doit enquêter sur la plainte qu’ils ont déposée au CCID ». L’objet de leur plainte, selon Eddy Sadien, est ce que ces étudiants considèrent comme une « escroquerie » l’institution tertiaire. « Depuis septembre 2013, une quarantaine de Népalais sont venus étudier à Maurice. Ces jeunes ont investi Rs 350 000 pour un an d’études. Ils sont passés par des agents, qui leur ont proposé d’entreprendre des études en Hotel Management et IT. Lorsqu’ils sont arrivés ici, force leur a été de constater que ce qui était proposé comme cours était loin d’être conforme à ce qu’on leur avait vanté sur les dépliants. On leur a fait croire qu’ils auraient six mois de théorie et six autres de pratique, et qu’ils toucheraient Rs 70 000 par mois… » Le travailleur social poursuit : « Imaginez la honte de ces jeunes, qui vivent dans un pays où existe encore le système de castes et où règne la pauvreté. Imaginez leur retour sans certificat. Nombre d’entre eux ont mis des terres de proches en gage et ont contracté des emprunts. Ils risquent de se suicider. »
Le Regroupman Travayer Sosyal déplore par ailleurs que lorsque les membres ont été au PIO, « l’officier en charge nous a prétendus que les étudiants n’ont jamais porté plainte » au CCID. « Quand on a insisté que tel était le cas et qu’il y avait des photos relatives dans la presse, il nous a déclaré que ce qui paraît dans la presse ne sert pas de gage. C’est ainsi qu’on a été au CCID en compagnie de notre avocate, Me Melany Nagen, pour y trouver les documents en question. »