Le procès intenté à Jayraj Sookur pour le meurtre de sa belle-fille Stacey Henrisson a repris ce matin avec les dépositions de trois témoins. Le directeur d’entreprise et ami de l’accusé, Maurice Vigier de la Tour, a déclaré à la Cour que Jayraj Sookur avait sollicité son aide pour vendre les propriétés de Stacey Henrisson. « Il m’avait dit qu’il était en difficulté financière et qu’il avait besoin de beaucoup d’argent pour traiter le cancer de sa femme Béatrice en Inde. Il voulait avoir Rs 20 M avec ces propriétés », a-t-il soutenu. Par ailleurs, la surveillante du Lycée des Mascareignes a également déposé.
La motion logée par l’avocat de Jayraj Sookur pour l’arrêt des poursuites sur la base de l’argument que son client fait face à un procès « initié par la presse » à la suite d’un article paru dans un quotidien du matin le 14 janvier, a été rejetée ce matin par le juge Benjamin Marie-Joseph. Ce dernier a soutenu qu’au début du procès, il avait expliqué aux membres du jury leurs responsabilités et rôles dans ce procès et qu’ils avaient l’obligation de ne prendre en considération que les faits et preuves qui sont présentés en cour. Le juge estime qu’en aucune façon cet article de presse empêchera l’accusé de bénéficier d’un procès équitable.
Par ailleurs, appelé à la barre des témoins, Maurice Vigier de la Tour a informé la cour qu’avant son départ pour l’Inde, Jayraj Sookur lui avait fait part de son intention de vendre les propriétés de Pointe-aux-Canonniers. « Je savais que ces biens appartenaient à l’ex-époux décédé de sa femme, Béatrice,, mais je n’avais pas cherché à en savoir plus. Je croyais ce qu’il me disait », a soutenu le témoin. À son retour d’Inde le 5 mai 2012, Jayraj Sookur avait envoyé un texto à Maurice Vigier de la Tour pour l’informer qu’il était revenu à Maurice. Le témoin a indiqué que Jayraj Sookur devait l’appeler le lendemain pour lui demander le numéro de téléphone d’un certain Benoît Merle, un agent qui allait s’occuper de la vente des propriétés. D’autre part, Maurice Vigier de la Tour a relevé que Jayraj Sookur lui avait dit qu’il était rentré seul au pays et que les enfants étaient toujours avec leur mère, en Inde, où elle se faisait soigner pour un cancer.
Le 6 mai 2012, Maurice Vigier de la Tour s’est envolé pour Paris pour un voyage d’affaires. Il a confirmé que le 9 mai 2012, soit quatre jours après le meurtre de la jeune fille, il avait reçu un nouveau texto de Jayraj Sookur dans lequel il lui signifiait son intention de vendre la maison appartenant à Stacey Henrisson, à Pointe-aux-Canonniers, car il avait besoin d’argent.
Le texto envoyé le 9 mai 2012 à 9 h 48 se lit comme suit : « Hope you are being well. I met with Robert and showed him the property. He is impressed by how and where it is situated. I have told him Rs 20 M. It can be sold for even more but my price is Rs 20 M. If he can sell it for more, whatever he gets over 20 is his or for both of you plus commission. Please ask him to move fast. I really need the money. I have to send money for Beatrice’s treatment. I have already spent over a million, still quite a bit to go. The doc called me today to send more money for the upcoming operation. I don’t know what to do, where to from. Just praying that strike a good deal fast. Thank You Jay. »
Le témoin Maurice Vigier de la Tour a soutenu qu’il ne savait pas, à ce moment précis, que ces biens appartenaient à Stacey Henrisson car il croyait ce que lui disait son ami, Jayraj Sookur, dont il avait fait la connaissance à travers son centre de massages, à Grand-Baie. À quelques occasions, il avait rencontré Béatrice Sookur mais il n’avait jamais vu les enfants.
Autre témoin appelé à la barre : la surveillante du Lycée des Mascareignes, Marie Chantal Caroline de Buisson, qui a la responsabilité de l’encadrement des élèves et de gérer leurs absences et retards. Marie Chantal Caroline de Buisson a soutenu que Stacey Henrisson était « une élève discrète ». Le témoin a déclaré que Stacey Henrisson était régulièrement présente et que ses absences étaient toujours justifiées, et ce avant le mois d’avril, soit avant sa disparition, date à laquelle elle s’était absentée pendant plusieurs jours, selon le témoin.
Face à cette situation, Marie Chantal Caroline de Buisson a indiqué que l’école avait alors essayé de joindre sa famille par téléphone, en vain. « Ses amis nous avaient dit qu’elle était partie en Inde. On continuait à appeler chez elle tous les jours et la direction de l’école avait même envoyé un e-mail, resté lui aussi sans réponse », a-t-elle déclaré. Toutefois, la surveillante a soutenu que ce n’est que début mai qu’elle a enfin eu quelqu’un au téléphone. « C’était la voix d’un homme, qui ne s’était pas identifié. Il m’a dit que Stacey était en Inde et qu’il ne savait pas si elle reviendrait car il se pourrait qu’elle aille directement aux États-Unis pour ses études. Je lui ai alors fait comprendre qu’il faudrait alors envoyer une lettre à l’école », a expliqué Marie Chantal Caroline de Buisson. Interrogé sur la teneur de cette conversation téléphonique, le témoin a répondu que celle-ci s’est déroulée en français et que le niveau « n’était pas très bon ». L’audience a repris dans l’après-midi avec d’autres témoins.