La demande de remise en liberté conditionnelle de Jayraj Sookur, accusé du meurtre de sa belle-fille Stacey Henrisson, a été débattue hier devant les Assises. La police, par le biais du Detective Inspector Jean Claude Vally, a objecté à la remise en liberté de l’accusé. Ce dernier, quant à lui, dit faire confiance à la justice, car il est innocent dans cette affaire. Le juge Pritviraj Fekna communiquera sa décision ultérieurement.
Jayraj Sookur, arrêté le 16 mai 2012, est en détention policière depuis le 11 juin 2012. Ses nombreuses demandes de remise en liberté depuis lors ont toutes été rejetées. Ceci n’a pas empêché Me Avineshwar Dayal, son avocat, de loger une motion demandant la remise en liberté conditionnelle de son client, le beau-père de Stacey Henrisson, dont le cadavre avait été retrouvé dans un ravin à Plaine-Champagne le 12 mai 2012. La poursuite, représentée par Me Medhi Manrakhan, a objecté à cette motion.
Appelé comme témoin hier, le Detective Inspector Jean Claude Vally a avancé trois raisons pour lesquelles Jayraj Sookur ne devrait pas obtenir la liberté conditionnelle : le risque qu’il interfère avec les témoins, qu’il puisse s’enfuir du pays vu la gravité du délit ou encore pour sa propre sécurité.
Concernant l’enquête policière, le DI Vally a indiqué que Stacey Henrisson avait hérité des propriétés de son père quand ce dernier est décédé. La semaine suivant la mort de Stacey Henrisson, Jayraj Sookur avait contacté un agent immobilier, car il avait l’intention de vendre ces propriétés. Selon le DI Vally, l’accusé risque d’interférer avec des témoins dans cette affaire, notamment l’agent immobilier ou encore Tany Ramdassen, son présumé complice, qui l’aurait aidé à dissimuler le corps de la victime. Ce dernier avait d’ailleurs déclaré dans un statement que Jayraj Sookur l’aurait menacé et ordonné de ne pas l’incriminer, après que le corps de la victime eut été trouvé.
Se basant sur l’appréhension de la police à l’effet que Jayraj Sookur tenterait de quitter le pays, le DI Vally a soutenu que l’accusé connaît bien l’Inde et le Japon. Il y a d’ailleurs vécu aux côtés de son ex-femme, une Japonaise. La police pense que l’accusé, thérapeute louant un salon à Grand-Baie, aurait les moyens pour s’enfuir du pays illégalement. La police soutient également que relâcher Jayraj Sookur pourrait rassembler une foule hostile contre lui, comme c’était le cas lors de l’exercice de reconstruction des faits après la mort de Stacey Henrisson.
Me Dayal devait toutefois préciser qu’un prohibition order pèse sur son client et que son passeport est entre les mains de la police. Jayraj Sookur, qui a déposé sous serment, a quant à lui indiqué qu’il croit en la justice et qu’il a besoin de voir ses deux enfants, l’un étant malade. « Je crois en le système judiciaire et je n’ai aucune intention d’interférer avec le cours de la justice. Je suis innocent dans cette affaire et j’aimerais que justice soit faite. Cela fait trois ans que je suis en détention et jusqu’à ce jour je n’ai pas obstrué le cours de la justice. J’ai toujours coopéré avec la police », soutient l’accusé.
Le juge Pritviraj Fekna, après avoir pris note des plaidoiries des avocats, a indiqué qu’il réserve sa décision.