L’affaire opposant le Directeur des poursuites publiques à l’ICAC et la police a été de nouveau appelée ce matin en chambre devant la juge Ah Foon Chui Yew Cheong. Alors que l’Attorney General, par le biais de l’acting Solicitor General, Me Rajesh Ramloll, avait logé un affidavit jeudi dernier pour faire partie de cette affaire en cour as « third party », ce dernier est revenu sur sa décision. Me Ramloll s’est refusé à tout commentaire sur les raisons ayant motivé son choix. L’affaire a été renvoyée au 8 septembre. Le contre-affidavit du DPP en réponse à celui de l’ICAC est attendu.
Alors que le positionnement de la police et de l’ICAC était attendu ce matin face à la demande de l’acting Sollicitor General pour faire partie de cette affaire, on aura noté un développement de taille compte tenu du retrait de l’affidavit de ce dernier. L’Attorney General ne souhaite plus être une Intervening Party dans cette affaire alors que dans son affidavit juré jeudi dernier pour répondre au contre-affidavit juré par l’ICAC le 22 juillet dernier, il évoquait un « personal, legitimate and sufficient interest to intervene in the main case ». « The interferences and insinuations that are made in the affidavit in the reply of the Respondent No 1 (NdlR : L’ICAC) in the main case are highly prejudicial to the applicant (NdlR : L’Attorney General), the office and myself as a law officer and detrimental to our credibility », fait-il ressortir dans l’affidavit juré jeudi. Dans sa demande, il va plus loin pour affirmer qu’il n’avait jamais subi quelque pression dans l’exercice de ses fonctions. « As a law officer working at the Attorney General’s office for more than twenty years, I have consistently carried out my duties without fear or favour and at no time in providing advice on behalf of the Sollicitor General on the payment of indemnity to the co-respondent in the main case, have I been under any pressure or threat, nor have I given consideration to anything else that the strict application of the law of the land as it would apply to the facts of the case », peut-on lire du document. Interrogé à sa sortie de la Cour sur les motifs de cette décision, Me Ramloll s’est refusé à tout commentaire. « La juge a dit que ce qui se passe en chambre est private », a-t-il souligné.
Face à ce développement, l’affaire a été renvoyée au 8 septembre en attendant que le DPP loge son contre-affidavit pour répondre à l’ICAC. Par ailleurs, sir Hamid Moollan qui défend les intérêts du DPP a indiqué que l’ordre intérimaire interdisant l’arrestation de ce dernier est effectif jusqu’à ce que la Cour se prononce sur cette affaire. Face aux questions de la presse à ce sujet il devait déclarer : « Le DPP n’est pas intouchable, mais dans cette affaire on ne peut pas le toucher. »
Rappelons que, le 17 juillet dernier, la juge Ah Foon Chui Yew Cheong avait émis un ordre intérimaire contre l’arrestation et l’interrogatoire du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, dans l’affaire Sun Tan. Dans un affidavit juré le 14 juillet, le DPP avait soutenu que l’ICAC subit d’énormes pressions dans cette affaire et avait même impliqué un ancien juge qui lui aurait demandé de démissionner. « The present enquiry by ICAC amounts to a colourable device designed and aimed at circumventing the clear provisions of section 93 of the Constitution », avait-il mis en avant dans son affidavit. Pour sa part, l’ICAC, par le biais du directeur de l’Investigation Division Chimunlall Ghoorah, a juré un contre-affidavit le 22 juillet dernier pour répondre aux propos du DPP. Dans ce document, l’ICAC indique qu’elle est « duty bound » d’instruire des enquêtes sur des allégations, notamment suite à un « referral » en bonne et due forme. De ce fait, l’ICAC avait confirmé son intention de procéder à une « Further Inquiry » dans l’affaire de réduction des « Indemnity Fees » pour le renouvellement du bail de deux arpents de Pas Géométriques pieds dans l’eau à Palmar et avait donné la garantie que cet exercice sera mené en toute impartialité.