Poursuivi pour avoir publié des photos du cadavre de Michaela Harte, Imraan Hosany est provisoirement accusé d’outrage to public morality. Son avocat, Me Akil Bissessur, a demandé hier au magistrat Roshan Seetohul de changer les conditions de sa liberté provisoire. Le directeur du Sunday Times devra se présenter au poste de police une fois par semaine au lieu de trois.
Me Akil Bissessur, homme de loi d’Imraan Hosany, a fait hier une demande de variation order au magistrat Roshan Seetohul siégeant à la cour de district de Port-Louis Nord. L’avocat du directeur du Sunday Times a demandé à la cour de changer les conditions de sa liberté provisoire. Il a soutenu que son client était souffrant et ne pouvait se déplacer trois fois par semaine pour se rendre au poste de police comme convenu.
Le magistrat Seetohul a toutefois consenti à la demande de Me Akil Bissessur et a ordonné que le demandeur se présente tous les samedis au poste de police le plus proche de son domicile. Souffrant d’hypertension, Imraan Hosany avait été pris d’un malaise alors qu’il attendait dans la salle d’audience qu’une charge provisoire soit logée contre lui. Il avait été conduit à l’hôpital.
Le Police Prosecutor a fait comprendre, lui, que l’enquête n’était pas encore terminée dans cette affaire. Imraan Hosany est provisoirement poursuivi devant la cour correctionnelle de Port-Louis pour « outrage to public morality and religious morality » sous l’article 206 du Code Pénal. Le directeur du Sunday Times sera de nouveau entendu devant la même instance le 21 janvier 2013. Par ailleurs, il a dû le 20 juillet fournir une caution de Rs 25 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 125 000 pour recouvrer la liberté conditionnelle.
Selon l’article 206 du Code Pénal, « any writing, newspaper (…) or by any drawing, engraving, picture, emblem or image (…) put up for sale or exhibited in any public place (…) commits any outrage against any religion, shall on conviction be liable to imprisonment for a term not exceeding 2 years and to a fine not exceeding 100,000 rupees ».
Dans cette affaire, la police reproche à Imraan Hosany d’avoir publié une série de photos du cadavre de l’Irlandaise Michaela Harte-McAreavey prises par le Scene Of Crime Office (SOCO) dans la chambre 1025 du Legends Hotel le 10 janvier 2011. Ces clichés montraient notamment les blessures de la victime au cou et la salle de bain de sa chambre au bloc DeLux. Les locaux du Sunday Times ont été perquisitionnés par la police et des ordinateurs saisis. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) mène toujours l’enquête.
Pour rappel, le 10 janvier 2011, le corps sans vie de la jeune enseignante de 27 ans avait été retrouvé par son époux John McAreavey dans la salle de bain de leur chambre d’hôtel. Ils étaient en lune de miel au pays quand le drame s’est produit.