Le constable Johny Laboudeuse, accusé provisoirement de meurtre – comme quatre autres officiers de police – dans le cadre du décès d’Iqbal Toofany, alors que ce dernier se trouvait sous supervision policière, a été remis en liberté conditionnelle lundi par le juge Prithviraj Balluck, siégeant à la Bail and Remand Court. Il a cependant eu à fournir une caution de Rs 50 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 700 000.
Le constable Johny Laboudeuse, un des cinq policiers arrêtés dans le cadre du décès d’Iqbal Toofany survenu le 2 mars 2015, a retrouvé la liberté provisoire après avoir passé près de deux semaines en détention. Le juge Prithviraj Balluck a toutefois imposé plusieurs conditions à sa remise en liberté conditionnelle, soit une caution de Rs 50 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 700 000. Il devra aussi se présenter au poste de police de Bel-Ombre tous les lundis, mercredis et samedis, entre 6 et 18 h. L’officier incriminé ne devra également pas prendre contact avec les témoins potentiels ou manipuler les preuves liées à cette enquête policière, qui n’a pas encore été complétée, vu que les interrogatoires se poursuivent et que de nouvelles preuves sont recueillies au fur et à mesure.
Avant de rendre son ruling, le juge a pris en considération les trois points d’objection logés par la police, soit le risque de fuite du pays, sa propre sécurité et le risque d’interférer dans l’enquête en cours. Le juge a fait part d’un réel risque de fuite, puisqu’il encourt jusqu’à 45 ans de prison. Le juge a toutefois rappelé que le demandeur avait un casier judiciaire vierge, qu’il avait travaillé comme officier de police pendant 15 ans et qu’il n’avait pas enfreint les conditions de sa remise en liberté quand il l’avait obtenu auparavant sous une charge provisoire de torture. Le juge Prithviraj Balluck a aussi rappelé qu’il n’y avait aucune preuve démontrant que le demandeur avait menacé des témoins potentiels auparavant.
Par ailleurs, le juge a rappelé que les preuves jouant contre l’officier Laboudeuse, à ce stade de l’enquête, sont le rapport médico-légal certifiant la cause du décès d’Iqbal Toofany, le témoignage d’un témoin clé, qui ne l’a pas incriminé directement, et les preuves selon lesquelles Iqbal Toofany se trouvait sous surveillance policière lors de son décès. Le juge a toutefois rappelé que Iqbal Toofany n’était pas exclusivement sous la charge de la CID de Rivière-Noire le jour du drame, mais tout d’abord sous celle de l’Emergency Response Service (ERS), unité qui l’avait arrêté sur la route de Rivière-Noire dans la nuit du 1er au 2 mars. Le juge a ainsi statué que la présomption d’innocence jouait en la faveur du constable Laboudeuse et lui a donc accordé la liberté conditionnelle.