Le procès intenté aux quatre policiers Vikash Persand, Ronny Vincent Gaiqui, Jean-François Numa et Joshan Ragoo dans le cadre du décès d’Iqbal Toofany, survenu en cellule policière en mars 2015, a repris hier devant la magistrate Niroshini Ramsoondar. L’épouse d’Iqbal Toofany. Ameerah Toofany, a déclaré en Cour que la dernière fois qu’elle avait vu son époux, c’était la veille de sa mort, soit le 1er mars 2015. Elle a affirmé que la victime ne souffrait « d’aucun problème de santé » et était en forme ce jour-là. « Li pa ti pe swiv okenn tretman medikal, ni li ti pe bwar ni fime », a-t-elle soutenu. Un autre témoin, le beau-frère de la victime, Sheil Aftab Edoo, a raconté que c’est lui qui avait récupéré le corps d’Iqbal Toofany le 2 mars à la morgue de l’hôpital Victoria et avait fait les démarches pour les funérailles. Répondant aux questions de l’avocat de la poursuite, Me Azam Neerooa, le témoin a indiqué que lorsqu’il avait récupéré le corps, il n’y avait aucune plainte.

Ameerah Toofany a été la dernière à être appelée à la barre. Elle a ainsi confirmé que son époux était électricien automobile. « Mo misye ti an bonn sante. Li pa ti pe swiv okenn tretman medikal, ni li ti pe bwar ni fime », dit-elle. Elle a aussi affirmé avoir vu son époux pour la dernière fois le 1er mars 2015. Quand elle a appris que son mari avait été arrêté et détenu au poste de police de Rivière-Noire, dit-elle, elle s’y était immédiatement rendue avec son avocat. « Avoka dir mwa inn ariv enn problem. Mo misye inn desede e nou bizin al lopital. Laba inn konfirme ki mo misye inn fini mor », ajoute-t-elle.

Répondant aux questions de Me Gavin Glover, SC, qui représente les quatre policiers, Ameerah Toofany a expliqué que la veille, elle se trouvait en compagnie de son époux jusqu’à 23h. Par la suite, Iqbal Toofany était sorti.

En l’absence de certains témoins hier en cour, le procès a été ajourné au 21 mars. La poursuite devra aussi entreprendre des démarches pour s’assurer de la présence de certains de ses témoins, que compte contre-interroger Me Glover. Ces derniers se trouveraient actuellement à l’étranger.

Les quatre policiers qui sont accusés d’avoir battu à mort Iqbal Toofany dans la nuit du 1er au 2 mars 2015 sont Vikash Persand, Ronny Vincent Gaiqui, Jean-François Numa et Joshan Ragoo. La poursuite avait présenté le certificat de décès du constable Johny Laboudeuse, qui était aussi parmi les accusés, mais qui, entre-temps, est décédé des suites d’une maladie. La cour a ainsi rayé l’accusation portée contre le défunt.

Par ailleurs, la veuve d’Iqbal Toofany réclame Rs 25 M à l’État, au commissaire de police et aux quatre policiers. Elle demande en outre Rs 25 M pour les dommages et préjudices subis suite à la mort de son époux. Dans leur plainte, la veuve et ses trois filles indiquent qu’elles ont été privées du soutien émotionnel et physique du défunt, disant avoir été traumatisées à la suite de cette situation.

Rappelons que suite à l’enquête judiciaire instituée pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’Iqbal Toofany, le magistrat Daniel Dangeot, qui avait présidé les travaux, avait soumis ses conclusions le 17 décembre 2015 au bureau du Directeur des poursuites publiques. S’appuyant sur les témoignages du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin et ceux du chef inspecteur Roshan Kokil, la cour de Bambous avait conclu qu’Iqbal Toofany avait trouvé la mort alors qu’il était en détention policière et qu’il y avait eu « foul play ».