Le sergent Vikash Persand et le constable Vikash Raggoo ont saisi la Bail and Remand Court (BRC), hier, pour une demande de remise en liberté sous caution dans le cadre du décès d’Iqbal Toofany alors qu’il était sous surveillance policière. Les deux suspects répondent d’une charge provisoire de meurtre. Le Ruling sera rendu le 13 avril.
Le sergent Persand et le constable Raggoo, par le biais de leurs avocats respectifs, Mes Samad Goolamally et Christophe Lactive, ont saisi la BRC hier pour une demande de remise en liberté sous caution. La police a objecté à cette demande pour les mêmes raisons que celles avancées dans le cas du constable Johny Laboudeuse, également suspect dans cette affaire, qui a obtenu sa remise en liberté sous caution lundi dernier. Les raisons avancées par le Detective Inspector (DI) Sunjay Thakoor du Central CID sont que les suspects risquent d’influencer les témoins ou manipuler les preuves, de s’enfuir du pays ou courent un risque pour leur propre sécurité.
C’est suite au rapport médico-légal du Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui attribue la cause du décès à un « acute pulmonary oedema caused by hypovolemic shock following soft tissue injuries », que la charge provisoire de torture avait été révisée à celle de meurtre. Des ecchymoses sur plus de 15 parties du corps d’Iqbal Toofany avaient été décelées. Lors de son contre-interrogatoire, le DI Thakoor a fait comprendre que certains documents n’ont pas encore été étudiés et que d’autres officiers de police restent encore à être interrogés. Il a soutenu que les suspects pouvaient influencer des témoins de par leur nombre d’années de service et de leurs liens dans la police.
D’après l’enquête du Central CID, le constable Raggoo se trouvait à Vacoas le 1er mars lorsque Iqbal Toofany avait été placé sous la garde de la CID de Rivière-Noire. Cependant, le témoin clé, soit le vigile posté à proximité du poste de Rivière-Noire, avait déclaré dans un affidavit juré en Cour suprême qu’il avait vu des policiers brutaliser Iqbal Toofany dans la nuit du 1er au 2 mars. Les avocats de la défense ont toutefois fait ressortir que les policiers incriminés avaient un casier judiciaire vierge, plusieurs années d’expérience dans les forces de l’ordre et qu’ils n’avaient pas enfreint les conditions de leur remise en liberté lorsqu’ils répondaient d’une charge provisoire de torture. L’avocat du Parquet, Me Roshan Santokee, a quant à lui requis que les deux policiers soient maintenus en détention vu la gravité de la charge portée contre eux. Le magistrat Prithviraj Balluck rendra son Ruling le 13 avril.